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ELM Élément n° 34 sur 118

Sélénium (Se)

Le sélénium se distingue par une propriété peu commune : certaines de ses formes conduisent mieux l’électricité lorsqu’elles sont éclairées. Cette sensibilité a marqué l’histoire des cellules photoélectriques et des photocopieurs.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du sélénium

Numéro atomique (Z)
34
Symbole
Se
Masse atomique
78,971 u
Masse molaire
78,971 g/mol
Famille
Non-métaux
Période · groupe · bloc
4 · 16 · p
Configuration électronique
[Ar] 4s² 3d¹⁰ 4p⁴
État à 20 °C
solide
Température de fusion
220,5 °C (493,65 K)
Température d’ébullition
684,85 °C (958 K)
Masse volumique
4,809 g/cm³
Électronégativité (Pauling)
2,55
Rayon atomique (van der Waals)
190 pm
1re énergie d’ionisation
9,752 eV
Affinité électronique
2,021 eV
États d’oxydation
+6, +4, -2
Découverte
1817, par Jöns Jacob Berzelius, Johan Gottlieb Gahn
Nom tiré de
Lune
Abondance dans la croûte terrestre
0,05 mg/kg
Abondance dans l’eau de mer
2 × 10⁻⁴ mg/L
Numéro CAS
7782-49-2
Sélénium : période 4, groupe 16, famille des non-métaux.
Se
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 6

Le sélénium est un élément chimique naturel de symbole Se. Son numéro atomique est 34 et sa masse atomique standard est de 78,971 u, valeur établie par la Commission internationale des masses atomiques et des abondances isotopiques (CIAAW). Solide à température ambiante, il appartient au groupe 16, avec l’oxygène et le soufre. Cette parenté aide à situer sa chimie, mais son comportement dépend aussi de la forme sous laquelle il se présente.

Où trouve-t-on le sélénium ?

Dans la nature, le sélénium est généralement associé à des minerais sulfurés, notamment ceux de cuivre, mais aussi de plomb et d’argent. Il est peu abondant dans la croûte terrestre et n’est donc pas couramment extrait comme métal principal d’un gisement. Une part importante de la production provient plutôt de résidus issus du raffinage électrolytique du cuivre. La Société chimique de France décrit cette présence conjointe dans les minerais et le lien entre la découverte de l’élément et un résidu de préparation de l’acide sulfurique (sa fiche sur le sélénium).

Le chimiste suédois Jöns Jacob Berzelius et Johan Gottlieb Gahn ont identifié l’élément en 1817. Berzelius l’a nommé d’après Séléné, déesse grecque de la Lune, en écho au tellure, dont le nom vient de la Terre. Le sélénium est classé parmi les non-métaux, une famille qui réunit des éléments aux propriétés diverses : les non-métaux ne se comportent pas tous de la même façon.

Pourquoi réagit-il à la lumière ?

Certaines formes du sélénium sont photoconductrices : leur conductivité électrique augmente lorsqu’elles sont exposées à la lumière. La conductivité désigne la capacité d’un matériau à laisser passer le courant. Cette réponse à l’éclairage a permis de concevoir des dispositifs capables de détecter ou de mesurer la lumière, comme des cellules photoélectriques et des posemètres photographiques. Le sélénium a aussi servi dans les tambours photosensibles de photocopieurs et d’imprimantes.

Le matériau a également été utilisé dans des redresseurs, des composants qui convertissent un courant alternatif en courant continu, ainsi que dans certaines cellules solaires. Ces usages historiques ne signifient pas qu’il soit aujourd’hui le matériau privilégié de toutes ces technologies : le silicium et d’autres matériaux ont pris une place importante dans l’électronique moderne. Le laboratoire Jefferson du département américain de l’Énergie décrit la variation de conductivité avec l’éclairage et plusieurs de ces applications (Jefferson Lab).

Quels autres usages ont ses composés ?

Le sélénium et ses composés interviennent aussi dans la fabrication du verre. Selon leur forme et leur dosage, ils peuvent contribuer à décolorer le verre ou à lui donner une teinte rouge, ainsi qu’aux émaux. Dans les alliages, l’ajout de sélénium peut faciliter l’usinage de certains aciers. Les applications dépendent donc de la composition utilisée : le sélénium élémentaire et un composé comme le dioxyde de sélénium ne sont pas interchangeables.

La place du sélénium dans le groupe 16 rappelle sa proximité chimique avec le soufre, mais ne suffit pas à prédire tous ses usages ou ses effets. Son intérêt industriel tient notamment à ses propriétés électriques et à sa capacité à former différents composés. Il faut également distinguer ces applications techniques du rôle biologique de traces de sélénium dans certains organismes : la présence d’un élément dans le vivant ne constitue pas, à elle seule, une indication de supplémentation ou d’usage médical.

Isotopes naturels du sélénium

IsotopeMasse (u)Abondance naturelleStabilité
⁷⁴Se73,922475934(15)0,89 %radioactif
⁷⁶Se75,919213704(17)9,37 %stable
⁷⁷Se76,919914154(67)7,63 %stable
⁷⁸Se77,91730928(20)23,77 %stable
⁸⁰Se79,9165218(13)49,61 %stable
⁸²Se81,9166995(15)8,73 %radioactif

45 isotopes du sélénium sont connus, dont 4 stables. Données : NIST et AMDC (AIEA), via PubChem.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du sélénium ?

La masse molaire du sélénium est de 78,971 g/mol, d’après la masse atomique standard de 78,971 u retenue par l’IUPAC (CIAAW). Une mole d’atomes de sélénium pèse donc environ 78,971 grammes.

Quel est le numéro atomique du sélénium ?

Le numéro atomique du sélénium est 34 : son noyau compte 34 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Se.

Quelle est la configuration électronique du sélénium ?

La configuration électronique du sélénium est [Ar] 4s² 3d¹⁰ 4p⁴, soit 2, 8, 18, 6 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le sélénium appartient au bloc p du tableau périodique.

Le sélénium est-il un métal ?

Non. Le sélénium est classé parmi les non-métaux et se trouve dans le groupe 16 du tableau périodique, avec notamment le soufre et l’oxygène. Comme pour d’autres éléments, ses propriétés dépendent aussi de sa forme : le sélénium solide peut exister sous plusieurs formes allotropiques, qui n’ont pas exactement le même comportement.

Le sélénium utilisé dans les panneaux solaires est-il encore courant ?

Le sélénium a servi dans certaines cellules solaires, mais cela ne signifie pas qu’il soit le matériau courant de tous les panneaux actuels. Les technologies photovoltaïques ont évolué et utilisent différents matériaux. Il est donc plus juste de parler d’une application historique ou spécialisée que d’attribuer au sélénium l’ensemble de la production solaire.

Le sélénium est-il dangereux ?

Le risque dépend de la forme chimique et de la quantité à laquelle une personne est exposée. Le fait que le sélénium soit un oligoélément présent dans le vivant ne signifie pas que toute forme ou toute dose soit sans danger. Pour évaluer une exposition réelle, il faut connaître le composé concerné et suivre les consignes de sécurité adaptées.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.