Le prométhéum, aussi appelé prométhium, est un métal radioactif de numéro atomique 61. Sa position parmi les lanthanides le rapproche chimiquement du néodyme et du samarium, mais son noyau instable le rend exceptionnel dans cette famille. Il n’existe pas en quantité mesurable dans la nature : les échantillons utilisés sont obtenus à partir de réactions nucléaires et manipulés dans des contextes spécialisés.
Pourquoi le prométhéum est-il si rare ?
Tous les isotopes connus du prométhéum sont radioactifs : aucun n’est stable. Un isotope est une version d’un élément dont le noyau contient un nombre donné de neutrons. Comme les noyaux du prométhéum se désintègrent, les traces qui auraient pu se former naturellement au cours de l’histoire de la Terre ne persistent pas en quantité importante. La Royal Society of Chemistry indique que des quantités infimes peuvent être produites dans des minerais d’uranium par fission nucléaire, mais elles sont extrêmement faibles.
Pour les usages et les études, le prométhéum est donc produit artificiellement. Il peut notamment être récupéré parmi les produits issus de la fission de l’uranium dans un réacteur, puis séparé des autres éléments. La séparation est délicate : comme les autres lanthanides, le prométhéum présente des propriétés chimiques proches de celles de ses voisins. Une synthèse de son histoire scientifique publiée dans la revue Comptes Rendus Chimie rapporte que Charles Coryell, Jacob Marinsky et Lawrence Glendenin ont identifié l’élément en 1945 dans des produits de fission. Selon le tableau périodique de la Royal Society of Chemistry, le prométhéum n’a pas de rôle biologique connu.
À quoi sert-il concrètement ?
Les applications du prométhéum exploitent surtout les particules bêta émises lors de sa désintégration. Dans certains appareils de mesure, une source de prométhéum permet d’évaluer l’épaisseur d’un matériau : le rayonnement qui traverse l’échantillon varie selon sa composition et son épaisseur. Ce principe est utile pour contrôler des feuilles ou des revêtements dans des procédés industriels.
Le rayonnement peut aussi exciter un matériau luminescent, appelé phosphore, qui émet alors de la lumière. Une cellule photovoltaïque peut convertir cette lumière en courant électrique : c’est le principe d’une batterie radio-isotopique. Les fiches du Los Alamos National Laboratory décrivent aussi des usages envisagés comme source portable de rayons X ou source de chaleur pour des systèmes auxiliaires spatiaux. Ces pistes ne signifient pas que le prométhéum soit une source d’énergie courante : sa production et sa manipulation requièrent des installations spécialisées.
Ce que sa place dans la famille explique
Le prométhéum appartient au bloc f, dans la sixième période, entre le néodyme et le samarium. Sa configuration électronique comporte cinq électrons dans la sous-couche 4f, et son état d’oxydation indiqué dans la fiche d’identité est +3. Il partage ainsi plusieurs traits chimiques avec les autres lanthanides, dont la tendance à former des ions trivalents.
Sa singularité est donc moins une chimie entièrement différente que la radioactivité de tous ses isotopes. Elle limite sa présence naturelle et complique l’étude de ses propriétés, puisque les échantillons se transforment avec le temps. Le nom fait référence à Prométhée, figure de la mythologie grecque ; l’élément fut identifié en 1945, puis son existence fut annoncée publiquement plus tard.