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ELM 15 éléments

Lanthanides

Du lanthane au lutécium, ces quinze éléments se suivent dans une série souvent détachée du tableau périodique. Leurs électrons 4f expliquent à la fois leurs ressemblances chimiques et des propriétés optiques ou magnétiques très recherchées.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Les 15 lanthanides

Si vous cherchez où se trouvent les lanthanides et pourquoi ils sont regroupés, leur nom ne suffit pas à l’expliquer : leur cohésion vient surtout de la façon dont leurs électrons occupent les orbitales. Cette structure rend leurs réactions chimiques assez semblables, mais de petites différences électroniques produisent des couleurs, des émissions lumineuses et des comportements magnétiques variés. La série comprend quinze éléments, dont certains sont familiers par leurs usages dans les aimants, les verres et les matériaux luminescents.

Où se placent les lanthanides dans le tableau périodique ?

La série va du lanthane (La, numéro atomique 57) au lutécium (Lu, numéro atomique 71), en passant par le cérium, le praséodyme, le néodyme et dix autres éléments. Le tableau périodique interactif permet de repérer leur position sous le bloc principal : ils sont souvent représentés sur une rangée séparée, afin de conserver une mise en page compacte. Cette disposition ne signifie pas qu’ils sont extérieurs au tableau : ils appartiennent à la sixième période.

On les appelle parfois « terres rares », mais le terme ne désigne pas exactement les lanthanides seuls. Dans l’usage courant et industriel, il inclut aussi souvent l’yttrium et le scandium, qui ne font pas partie de cette série. L’Élémentarium de la Société chimique de France décrit cette distinction et souligne les propriétés chimiques proches de ces éléments dans sa page sur les terres rares.

Qu’ont en commun leurs électrons ?

Au fil de la série, les électrons s’ajoutent principalement à la sous-couche 4f, située à l’intérieur de l’atome. C’est ce remplissage progressif qui définit la famille. Les configurations exactes présentent quelques particularités, notamment aux extrémités de la série : il vaut donc mieux retenir la tendance commune que supposer une règle identique et sans exception pour chaque élément.

Les atomes de lanthanides perdent souvent trois électrons pour former des ions de charge +3. Comme leurs couches externes se ressemblent, ces ions ont des comportements chimiques voisins et se retrouvent souvent ensemble dans les minerais. Cette ressemblance complique leur séparation : il faut exploiter des différences fines entre éléments plutôt que des réactions radicalement différentes. Le CNRS explique que les propriétés électroniques particulières des lanthanides sous-tendent leurs caractéristiques physico-chimiques, notamment optiques et magnétiques, dans son dossier sur les usages des terres rares.

Pourquoi leurs propriétés ne sont-elles pas identiques ?

Les lanthanides sont des métaux solides aux propriétés chimiques comparables, mais ils ne sont pas interchangeables. En avançant dans la série, la charge nucléaire augmente tandis que les électrons 4f supplémentaires écrantent imparfaitement cette charge. Les électrons sont alors attirés plus fortement vers le noyau : le rayon des ions lanthanides diminue progressivement. Cette contraction, appelée contraction des lanthanides, contribue à modifier certaines propriétés et à rendre les éléments proches difficiles à distinguer.

Les électrons 4f expliquent aussi des propriétés optiques remarquables. Dans de nombreux composés, ils peuvent absorber ou émettre de la lumière à des longueurs d’onde bien définies. Les couleurs et les émissions varient selon l’élément et son environnement chimique : cette diversité est utile pour fabriquer des matériaux luminescents. Les propriétés magnétiques varient également d’un lanthanide à l’autre, ce qui permet de choisir un élément selon les performances recherchées dans un matériau.

Quels lanthanides retrouve-t-on dans les objets et les matériaux ?

Quelques membres illustrent bien cette diversité. Le néodyme, souvent associé au fer et au bore, entre dans la fabrication d’aimants permanents puissants et compacts. Le praséodyme peut aussi servir dans des matériaux magnétiques et des verres colorés. Les usages de ces éléments dépendent de la composition et des propriétés visées : ils ne sont pas les seuls constituants des matériaux. Le CNRS cite notamment le néodyme, le praséodyme et le dysprosium parmi les éléments employés pour les aimants permanents.

Le cérium est utilisé sous forme d’oxyde pour le polissage du verre et dans certains procédés catalytiques. Le lanthane intervient notamment dans des matériaux optiques et des catalyseurs. Pour examiner leurs particularités une par une, vous pouvez consulter la fiche du lanthane et ses propriétés, celle du cérium dans les matériaux et la présentation du praséodyme et de ses usages.

D’autres membres sont recherchés pour leurs fonctions optiques : l’europium et le terbium peuvent servir dans des matériaux luminescents, tandis que l’erbium est employé dans des dispositifs optiques. Le prométhéum se distingue des autres éléments de la série parce qu’il n’a pas d’isotope stable. Ainsi, la famille partage une structure électronique et des tendances chimiques, mais chaque lanthanide apporte des propriétés qui lui sont propres.

Questions fréquentes

Les lanthanides sont-ils tous des terres rares ?

Les quinze lanthanides sont généralement inclus dans le groupe appelé terres rares, mais les deux expressions ne sont pas synonymes. Dans les usages scientifiques et industriels, les terres rares comprennent aussi souvent le scandium et l’yttrium. Ces deux éléments ont des propriétés chimiques voisines, mais ne font pas partie de la série allant du lanthane au lutécium.

Pourquoi est-il difficile de séparer les lanthanides ?

Leurs électrons externes et leurs réactions chimiques se ressemblent beaucoup, et ils sont souvent présents ensemble dans les minerais. Leur séparation repose donc sur de petites différences de comportement chimique ou physique, exploitées par des procédés de traitement adaptés. Il ne suffit pas d’appliquer une réaction simple qui isolerait facilement un élément de tous les autres.

Le prométhéum existe-t-il naturellement ?

Le prométhéum est un élément radioactif et ne possède pas d’isotope stable. Il peut être produit par des processus nucléaires et se trouve en quantités infimes dans certains environnements naturels, mais il est beaucoup moins abondant que les autres lanthanides. Cette particularité le distingue nettement des membres stables de la série.