Le radium attire l’attention par sa radioactivité, mais il n’existe pas dans la nature en gisements importants que l’on pourrait exploiter seuls. Il apparaît en traces dans les chaînes de désintégration de l’uranium et du thorium. Cette origine explique à la fois sa rareté, la difficulté de l’isoler et la place qu’il a occupée dans l’histoire des sciences et de la médecine.
Où trouve-t-on le radium ?
Le radium se forme lors de la désintégration d’éléments radioactifs présents dans certains minerais, notamment l’uranium. Le radium 226, son isotope naturel le plus courant, appartient à la chaîne de désintégration de l’uranium 238. Il est présent à l’état de traces dans des minerais comme la pechblende, comme l’indique la Société chimique de France.
Pour l’obtenir, il faut le séparer de matières minérales qui contiennent beaucoup plus d’uranium et de baryum. L’histoire de sa découverte illustre cette difficulté : en 1898, Marie et Pierre Curie identifient le radium en étudiant la radioactivité de minerais d’uranium. Son extraction exige ensuite des traitements chimiques répétés. Le radium est donc un élément naturellement présent, mais aucun isotope n’existe en quantité mesurable à l’échelle des échantillons ordinaires.
Le radium appartient au groupe des métaux alcalino-terreux, comme le baryum et le calcium. Cette position aide à prévoir une partie de sa chimie : il forme principalement des ions de charge +2 et ses composés ressemblent à ceux du baryum. Toutefois, sa radioactivité distingue radicalement le radium des autres métaux de sa famille.
Pourquoi le radium a-t-il été utilisé ?
Au début du XXe siècle, sa radioactivité et la lumière émise par certaines peintures contenant des substances radioactives ont suscité un intérêt industriel. Le radium a servi dans des peintures luminescentes pour cadrans de montres et instruments, ainsi que dans des sources de neutrons associant le radium au béryllium. Ces usages historiques ne signifient pas que le radium soit aujourd’hui un matériau d’usage courant.
Le radium a aussi été employé en médecine, notamment dans des sources scellées destinées à irradier des tissus. Il pouvait produire du radon, un gaz radioactif utilisé autrefois dans certains traitements. Ces applications ont largement reculé au profit d’autres sources de rayonnement, et la manipulation du radium est désormais encadrée par des exigences strictes de radioprotection. Les matériaux anciens contenant du radium peuvent donc nécessiter une évaluation spécialisée plutôt qu’une manipulation improvisée.
En quoi sa radioactivité présente-t-elle un risque ?
Le radium se désintègre en émettant des rayonnements et produit des éléments radioactifs descendants, dont le radon. Le risque dépend notamment de la quantité, de la forme du matériau et des voies d’exposition. L’inhalation ou l’ingestion de particules constitue un enjeu particulier, car le radium peut alors être incorporé dans l’organisme. L’INRS souligne la radiotoxicité du radium 226 et la nécessité de maîtriser les poussières ainsi que le radon lors de sa manipulation.
Un ancien cadran lumineux ou un objet portant une mention « radium » ne peut pas être identifié avec certitude par son apparence seule. Ne grattez pas la peinture et n’ouvrez pas un objet suspect : cela pourrait disperser des particules. En cas de découverte d’un matériau potentiellement radioactif, évitez de le manipuler et demandez conseil aux autorités compétentes en radioprotection.
Le radium reste ainsi un élément important pour comprendre la radioactivité naturelle et l’histoire de la chimie. Ses propriétés ont permis des applications marquantes, mais sa rareté et les risques d’exposition expliquent pourquoi il n’est plus employé comme autrefois.