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ELM Élément n° 87 sur 118

Francium (Fr)

Le francium est un métal alcalin si radioactif et fugace qu’on ne peut pas en constituer un échantillon durable. Présent seulement à l’état de traces, il est surtout étudié en laboratoire.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du francium

Numéro atomique (Z)
87
Symbole
Fr
Masse (isotope le plus stable)
223,01973 u
Masse molaire
223,01973 g/mol
Famille
Métaux alcalins
Période · groupe · bloc
7 · 1 · s
Configuration électronique
[Rn] 7s¹
État à 20 °C
solide
Température de fusion
26,85 °C (300 K)
Température d’ébullition
non mesuré
Masse volumique
non mesuré
Électronégativité (Pauling)
0,7
Rayon atomique (van der Waals)
348 pm
1re énergie d’ionisation
3,9 eV
Affinité électronique
0,47 eV
États d’oxydation
+1
Découverte
1939, par Marguerite Perey
Nom tiré de
France
Numéro CAS
7440-73-5

Francium n’a pas d’isotope stable présent dans la nature : la masse indiquée est celle de son isotope le plus stable.

Francium : période 7, groupe 1, famille des métaux alcalins.
Fr
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 32 · 18 · 8 · 1

Le francium porte le numéro atomique 87 et appartient à la dernière période du tableau périodique. Sa présence naturelle n’est pas mesurable en quantité durable : l’élément se forme lors de désintégrations radioactives, puis disparaît rapidement à son tour. Cette instabilité explique à la fois sa rareté, les difficultés de son étude et l’absence d’usage courant.

Où trouve-t-on le francium ?

Dans la nature, le francium apparaît en quantités infimes au sein de chaînes de désintégration radioactive. L’isotope naturel mentionné par PubChem est le francium 223, produit lors de la désintégration de l’actinium dans les minerais d’uranium. Sa demi-vie est d’environ 22 minutes : après ce temps, la moitié des noyaux d’un échantillon donné se sont désintégrés. Il est donc continuellement formé puis détruit, sans s’accumuler en dépôt exploitable. La fiche de PubChem sur le francium décrit cette présence naturelle fugace.

Pour l’étudier, les chercheurs produisent de très petites quantités par des réactions nucléaires ou en récupérant des atomes issus de la désintégration d’autres éléments radioactifs. Il ne s’agit pas d’extraire un métal comme le fer ou le cuivre : les atomes doivent être détectés et observés rapidement, avant leur transformation.

Ce que sa place parmi les alcalins permet de prévoir

Le francium se trouve dans le groupe 1, avec le lithium, le sodium, le potassium, le rubidium et le césium. Ces éléments possèdent un électron externe qu’ils tendent à perdre lors de réactions chimiques. La configuration électronique indiquée pour le francium, [Rn]7s¹, correspond à cette structure ; son état d’oxydation caractéristique est +1. Vous pouvez situer ses ressemblances et différences dans la famille des métaux alcalins.

Sa position permet donc de prévoir certaines analogies chimiques avec les autres alcalins, mais les expériences sont limitées par sa radioactivité et par le nombre d’atomes disponibles. Les propriétés attribuées à un gros échantillon de francium métallique ne peuvent pas être vérifiées comme celles d’un métal courant. La fiche du Los Alamos National Laboratory classe également le francium parmi les alcalins et indique son isotope de masse 223. La fiche du laboratoire de Los Alamos présente ses données élémentaires.

À quoi sert-il aujourd’hui ?

Le francium n’a pas d’application pratique courante. La quantité produite est trop faible et sa durée de vie trop courte pour permettre la fabrication de matériaux ou de produits commerciaux. Le Jefferson Lab indique que ses usages se limitent à la recherche scientifique fondamentale. Les expériences portent sur les propriétés atomiques et nucléaires de cet élément particulièrement difficile à observer. La présentation du Jefferson Lab souligne cette absence d’usage hors recherche.

Il faut distinguer l’intérêt scientifique du francium de celui de ses éventuels composés : la fiche disponible ne décrit pas de composé courant utilisé dans la vie quotidienne. Son principal apport est celui d’un objet d’étude, notamment pour examiner un métal alcalin très lourd et radioactif.

Comment Marguerite Perey l’a-t-elle découvert ?

La radiochimiste française Marguerite Perey a identifié le francium en 1939 en étudiant l’actinium. Elle a repéré un produit radioactif formé par sa désintégration, ce qui a révélé l’existence de l’élément 87. Elle l’a nommé d’après la France. L’annonce de la découverte a été présentée à l’Académie des sciences en janvier 1939, selon l’Académie des technologies. Le portrait de Marguerite Perey retrace cette découverte et son contexte scientifique.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du francium ?

Le francium n’a pas de masse atomique standard, faute d’isotope stable présent dans la nature. On retient la masse de son isotope le plus stable, 223,01973 u, soit environ 223,01973 g/mol.

Quel est le numéro atomique du francium ?

Le numéro atomique du francium est 87 : son noyau compte 87 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Fr.

Quelle est la configuration électronique du francium ?

La configuration électronique du francium est [Rn] 7s¹, soit 2, 8, 18, 32, 18, 8, 1 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le francium appartient au bloc s du tableau périodique.

Le francium est-il dangereux ?

Le francium est radioactif, mais il n’existe pas sous forme d’échantillon courant auquel le public serait normalement exposé. Les quantités naturelles sont infimes et ses isotopes se désintègrent rapidement. La manipulation de sources radioactives relève de protocoles spécialisés ; il ne faut pas confondre la présence de traces dans un minerai avec un risque d’exposition directe significatif.

Peut-on voir ou acheter un morceau de francium ?

Non, pas sous la forme d’un morceau stable comparable à un métal de collection. Le francium se désintègre trop vite et n’est produit qu’en quantités infimes. En laboratoire, les chercheurs détectent des atomes ou de très petites populations pendant des expériences, plutôt que de conserver un échantillon macroscopique.

La masse atomique du francium est-elle une valeur standard ?

Non. La valeur indiquée pour le francium correspond à la masse de l’isotope le plus stable, le francium 223, et non à une masse atomique standard calculée à partir d’une composition isotopique naturelle durable. Comme aucun isotope n’est stable et que l’élément ne s’accumule pas naturellement, cette distinction est importante.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.