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ELM Élément n° 37 sur 118

Rubidium (Rb)

Repéré en 1861 grâce à deux raies rouges dans son spectre, le rubidium est un métal alcalin rare et très réactif. On le récupère surtout comme coproduit de minerais de lithium et de césium, tandis que ses applications restent spécialisées.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du rubidium

Numéro atomique (Z)
37
Symbole
Rb
Masse atomique
85,4678 u
Masse molaire
85,4678 g/mol
Famille
Métaux alcalins
Période · groupe · bloc
5 · 1 · s
Configuration électronique
[Kr] 5s¹
État à 20 °C
solide
Température de fusion
39,31 °C (312,46 K)
Température d’ébullition
687,85 °C (961 K)
Masse volumique
1,53 g/cm³
Électronégativité (Pauling)
0,82
Rayon atomique (van der Waals)
303 pm
1re énergie d’ionisation
4,177 eV
Affinité électronique
0,468 eV
États d’oxydation
+1
Découverte
1861, par Gustav Kirchhoff, Robert Wilhelm Bunsen
Nom tiré de
rouge
Abondance dans la croûte terrestre
90 mg/kg
Abondance dans l’eau de mer
0,12 mg/L
Numéro CAS
7440-17-7
Rubidium : période 5, groupe 1, famille des métaux alcalins.
Rb
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 8 · 1

Le rubidium est l’élément chimique de symbole Rb et de numéro atomique 37. Sa masse atomique est de 85,4678 u. Dans la nature, il se présente principalement dans des minéraux et non sous forme de métal pur. Sa configuration électronique, [Kr]5s¹, explique qu’il cède facilement son électron externe et forme généralement des ions de charge +1. Il appartient ainsi à la famille des métaux alcalins, comme le lithium, le sodium et le potassium.

Où trouve-t-on le rubidium ?

Le rubidium est dispersé dans la croûte terrestre et entre dans la composition de minéraux contenant notamment du lithium ou du césium. On en trouve, entre autres, dans la lépidolite, la pollucite et certaines roches appelées pegmatites. Il ne constitue généralement pas un minerai exploité seul : il est récupéré en coproduit de l’extraction d’autres éléments. L’Élémentarium de la Société chimique de France décrit sa récupération à partir de minerais comme la pollucite ou la lépidolite, suivie de séparations successives.

Cette production est complexe parce que le rubidium accompagne des éléments chimiquement proches, notamment le potassium et le césium. Les minerais sont traités pour mettre leurs composants en solution, puis des étapes de séparation permettent d’isoler des composés du rubidium. Le métal lui-même peut ensuite être obtenu par réduction d’un composé comme le chlorure de rubidium avec du calcium, selon la fiche de l’élément sur PubChem.

Pourquoi est-il si réactif ?

Le rubidium est un métal alcalin du groupe 1. Son unique électron externe est relativement facile à arracher : il forme alors l’ion Rb⁺. Cette facilité à s’ioniser est utile dans certains dispositifs, mais le métal pur exige une manipulation spécialisée. Il ternit rapidement à l’air et réagit violemment avec l’eau, en produisant notamment de l’hydrogène inflammable. Il doit donc être conservé à l’abri de l’air et de l’humidité.

À température ambiante, il est solide, mais sa température de fusion est basse pour un métal : 39,31 °C. Il peut donc fondre à proximité d’une source de chaleur modérée. Ces propriétés ne doivent pas être confondues avec celles de ses sels : la réactivité dangereuse décrite ici concerne le rubidium métallique, et le risque d’un composé dépend de sa nature.

À quoi sert le rubidium ?

Ses usages sont limités et souvent spécialisés. Il a été employé comme « getter » dans des tubes à vide, c’est-à-dire comme matériau qui capte des traces de gaz résiduels, ainsi que dans certains dispositifs photosensibles et verres spéciaux. Des composés sont aussi étudiés pour leurs propriétés électriques. Le laboratoire national de Los Alamos indique que le rubidium a été envisagé comme propulseur pour des moteurs ioniques, mais que le césium est plus efficace pour cet usage.

Le rubidium-87, l’un de ses deux isotopes naturels, est radioactif et se désintègre très lentement. Il est utilisé en géologie pour dater certaines roches par la méthode rubidium-strontium. Des isotopes radioactifs du rubidium peuvent aussi servir de traceurs dans des études scientifiques, mais ils ne sont pas interchangeables avec le métal courant.

Pourquoi ce nom évoque-t-il le rouge ?

En 1861, les chimistes Robert Bunsen et Gustav Kirchhoff ont identifié le rubidium en observant le spectre lumineux d’un échantillon. Deux raies rouge foncé signalaient la présence d’un élément jusque-là inconnu. Son nom vient du latin rubidus, qui signifie rouge sombre. La Royal Society of Chemistry relie également cette découverte à l’analyse spectrale de minéraux contenant du rubidium.

Isotopes naturels du rubidium

IsotopeMasse (u)Abondance naturelleStabilité
⁸⁵Rb84,9117897379(54)72,17 %stable
⁸⁷Rb86,9091805310(60)27,83 %radioactif

59 isotopes du rubidium sont connus, dont 1 stable. Données : NIST et AMDC (AIEA), via PubChem.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du rubidium ?

La masse molaire du rubidium est de 85,4678 g/mol, d’après la masse atomique standard de 85,4678 u retenue par l’IUPAC (CIAAW). Une mole d’atomes de rubidium pèse donc environ 85,4678 grammes.

Quel est le numéro atomique du rubidium ?

Le numéro atomique du rubidium est 37 : son noyau compte 37 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Rb.

Quelle est la configuration électronique du rubidium ?

La configuration électronique du rubidium est [Kr] 5s¹, soit 2, 8, 18, 8, 1 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le rubidium appartient au bloc s du tableau périodique.

Le rubidium est-il présent dans le corps humain ?

De petites quantités de rubidium peuvent être absorbées avec les aliments, car sa chimie ressemble à celle du potassium. Toutefois, le rubidium n’a pas de rôle biologique reconnu. Cette présence à l’état de traces ne signifie pas que le métal pur puisse être consommé ou manipulé sans danger : celui-ci réagit violemment avec l’eau.

Pourquoi le rubidium-87 est-il radioactif si le rubidium naturel est courant ?

Le rubidium naturel contient deux isotopes : le rubidium-85, stable, et le rubidium-87, radioactif à très longue période. Sa désintégration est extrêmement lente, ce qui permet au rubidium-87 de subsister naturellement dans les roches. Cette propriété est exploitée en géologie pour certaines datations, notamment avec la méthode rubidium-strontium.

Le rubidium peut-il être utilisé comme combustible pour un moteur spatial ?

Le rubidium a été envisagé comme propulseur pour des moteurs ioniques parce qu’il s’ionise facilement. Cela ne signifie pas qu’il soit un combustible courant pour les engins spatiaux : les sources consultées présentent cette application comme une possibilité étudiée et indiquent que le césium est plus efficace à cet effet.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.