L’iode porte le symbole I et le numéro atomique 53. À température ambiante, c’est un solide sombre qui peut libérer une vapeur violette lorsqu’il est chauffé. Sa masse atomique est de 126,90447 u. Dans la nature, on le rencontre surtout sous forme de composés, notamment d’iodures, plutôt qu’en élément pur. Ces formes chimiques expliquent pourquoi on peut trouver de l’iode dans des milieux très différents, des eaux marines aux saumures souterraines.
Où trouve-t-on l’iode, et comment le récupère-t-on ?
L’iode est présent en faible quantité dans l’eau de mer et dans certains dépôts géologiques. Les algues peuvent concentrer les iodures dissous dans l’eau ; on en trouve aussi dans des saumures associées à des gisements pétroliers et dans des minerais de nitrate appelés caliches. Selon l’Institut géologique des États-Unis (USGS), ces milieux constituent des sources importantes pour la production commerciale. L’élément est séparé de ses composés par des procédés industriels adaptés à la matière première.
La place de l’iode dans la famille des halogènes aide à situer ses propriétés. Comme le chlore et le brome, il appartient au groupe 17, mais il est plus lourd et moins réactif que les halogènes situés au-dessus de lui. Il peut former des ions iodure, notés I⁻, ainsi que de nombreux composés utilisés en chimie. Une réaction de laboratoire familière permet de repérer l’iode : en présence d’amidon, il produit une coloration bleu foncé, caractéristique de l’élément libre, comme le décrit Jefferson Lab.
Quels usages ont l’iode et ses composés ?
Les usages dépendent de la forme chimique. L’iode et les iodures interviennent dans la fabrication de produits pharmaceutiques et de produits de contraste employés en imagerie médicale. Certains composés iodés ont également servi en photographie. Une solution associant de l’iode et de l’iodure de potassium dans l’alcool peut être utilisée comme antiseptique externe, mais l’iode pur n’est pas un produit à manipuler comme un désinfectant domestique.
Les isotopes radioactifs ont d’autres applications. L’iode 131, qui n’est pas l’isotope stable présent naturellement, est utilisé en médecine nucléaire pour certaines affections de la thyroïde. L’emploi de ces substances relève d’un cadre médical contrôlé : leur rayonnement et leur activité ne les rendent pas interchangeables avec l’iode des aliments ou des produits antiseptiques. PubChem, qui rassemble des données d’organismes scientifiques, décrit notamment les usages des iodures et de l’iode 131.
Pourquoi l’iode compte-t-il pour l’organisme ?
La thyroïde utilise l’iode pour fabriquer des hormones thyroïdiennes, dont la thyroxine. Ces hormones participent à la régulation de fonctions de l’organisme et au développement. Un apport insuffisant peut perturber le fonctionnement thyroïdien ; cela ne signifie pas qu’une supplémentation soit utile à tout le monde. Les apports excessifs peuvent eux aussi poser problème, et les algues peuvent contenir des quantités importantes et variables d’iode. L’Anses signale des risques liés à l’excès d’apport, notamment avec certaines denrées à base d’algues.
Pourquoi l’appelle-t-on iode ?
L’iode a été isolé en 1811 par le chimiste français Bernard Courtois, alors qu’il étudiait des résidus issus de cendres d’algues. En traitant ces matières, il observa la formation de vapeurs violettes qui se condensaient en cristaux sombres. Le nom, proposé ensuite par Joseph Louis Gay-Lussac, vient d’un terme grec associé à la couleur violette. Cette teinte frappante, visible dans la vapeur, a donc inspiré le nom de l’élément.