Le tennesse n’est pas un élément que l’on peut extraire d’un minerai ou conserver dans un flacon. Élément synthétique de numéro atomique 117, il a été produit en laboratoire et se désintègre rapidement. Sa masse atomique indiquée, 294,211 u, correspond au nombre de masse de son isotope le plus stable connu, et non à une masse atomique standard mesurée sur un échantillon naturel.
Où trouve-t-on le tennesse, et comment le produit-on ?
Aucun isotope du tennesse n’est stable et il n’en existe pas naturellement en quantité mesurable. Pour en produire, les chercheurs ont bombardé une cible de berkélium 249 avec des ions calcium 48 dans un accélérateur. La fusion de deux noyaux peut former un noyau de tennesse, mais la réaction est rare : seuls quelques atomes ont été obtenus. D’après les données de PubChem, les isotopes 293 et 294 se désintègrent notamment par émission alpha, un processus où le noyau éjecte une particule composée de deux protons et de deux neutrons.
La découverte a été annoncée en 2010 par une collaboration internationale; l’attribution de la découverte a ensuite été confirmée par l’IUPAC et l’IUPAP, comme le précise l’Union internationale de chimie pure et appliquée. Le nom officiel, adopté en 2016, rend hommage à la contribution de l’État américain du Tennessee à la recherche sur les éléments superlourds. En français, la Commission d’enrichissement de la langue française retient la forme « tennesse », tandis que « tennessine » est le nom anglais, selon le Bulletin officiel du ministère de l’Enseignement supérieur.
Que révèle sa place parmi les halogènes ?
Le tennesse se trouve dans le groupe 17, la colonne des éléments halogènes, aux côtés du fluor, du chlore, du brome, de l’iode et de l’astate. Cette position permet de le comparer à ces éléments, mais elle ne suffit pas à établir son comportement chimique : sa production en quantités infimes et sa désintégration rapide rendent les expériences difficiles. L’état solide à température ambiante et plusieurs propriétés figurant dans les données usuelles sont des prédictions, non des observations sur un échantillon macroscopique.
À quoi sert-il ?
Le tennesse n’a pas d’usage industriel ou courant connu. Puisque seuls quelques atomes ont été produits, son intérêt est fondamental : les expériences permettent d’étudier les noyaux superlourds et de tester les modèles qui décrivent leur formation et leur désintégration. Les données disponibles ne permettent pas d’envisager des composés courants ni un rôle biologique établi.