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ELM Élément n° 36 sur 118

Krypton (Kr)

Présent en très faible quantité dans l’air, le krypton est difficile à isoler et reste réservé à des usages ciblés. Sa faible réactivité explique son intérêt dans certains éclairages, tandis que sa place parmi les gaz nobles éclaire son comportement chimique.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du krypton

Numéro atomique (Z)
36
Symbole
Kr
Masse atomique
83,798 u
Masse molaire
83,798 g/mol
Famille
Gaz nobles
Période · groupe · bloc
4 · 18 · p
Configuration électronique
[Ar] 4s² 3d¹⁰ 4p⁶
État à 20 °C
gaz
Température de fusion
-157,36 °C (115,79 K)
Température d’ébullition
-153,22 °C (119,93 K)
Masse volumique
0,003733 g/cm³
Électronégativité (Pauling)
3
Rayon atomique (van der Waals)
202 pm
1re énergie d’ionisation
14 eV
Affinité électronique
non mesuré
États d’oxydation
0
Découverte
1898, par Morris William Travers, William Ramsay
Nom tiré de
dissimulation
Abondance dans la croûte terrestre
1 × 10⁻⁴ mg/kg
Abondance dans l’eau de mer
2,1 × 10⁻⁴ mg/L
Numéro CAS
7439-90-9
Krypton : période 4, groupe 18, famille des gaz nobles.
Kr
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 8

Si vous cherchez du krypton dans la nature, c’est surtout dans l’atmosphère qu’il faut le chercher, et non dans les roches ou l’eau de mer. Cet élément gazeux, identifié en 1898 par William Ramsay et Morris William Travers, est rare à l’échelle des besoins industriels. Sa position parmi les gaz nobles explique pourquoi il se combine peu avec les autres éléments, sans pour autant rendre sa chimie absolument impossible.

Où trouve-t-on le krypton et comment l’obtient-on ?

Le krypton est présent à l’état de traces dans l’air. Pour le récupérer, on refroidit l’air jusqu’à le liquéfier, puis on sépare progressivement ses constituants par distillation fractionnée, une méthode qui exploite leurs différences de volatilité. Le krypton se concentre avec le xénon dans certaines fractions de cette séparation et doit ensuite être isolé et purifié. La production dépend donc d’installations qui traitent de grandes quantités d’air, ce qui contribue à en limiter les usages. L’Élémentarium de la Société chimique de France décrit cette récupération lors de la séparation cryogénique de l’air.

Le nom vient du grec kryptos, « caché » : il évoque la difficulté à repérer cet élément lors de son identification. Sa découverte a suivi l’étude de résidus issus de la liquéfaction de l’air. Le nom ne renvoie donc pas à une substance enfouie dans la croûte terrestre : le krypton naturel se trouve principalement dans l’atmosphère.

Que révèle sa place parmi les gaz nobles ?

Le krypton est l’élément numéro 36. Il se situe en période 4, dans le groupe 18, la colonne des gaz nobles. Sa couche électronique externe est complète, ce qui le rend peu enclin à gagner, perdre ou partager des électrons dans les conditions courantes. Il est donc généralement peu réactif, mais « gaz noble » ne signifie pas que toute réaction est impossible.

Dans des conditions appropriées, le krypton peut notamment former le difluorure de krypton, KrF₂. Ce composé illustre une exception à l’inertie habituelle du gaz, et non une chimie aussi diverse que celle de nombreux autres éléments. Pour le krypton, l’état d’oxydation indiqué dans la fiche d’identité est 0 pour l’élément simple.

À quoi sert le krypton ?

On le rencontre notamment dans certaines lampes spécialisées. Mélangé à d’autres gaz, il peut servir au remplissage de sources lumineuses, dont des lampes à haute intensité; des flashes au krypton ont aussi été employés en photographie rapide. Il peut également être utilisé dans certains doubles vitrages pour contribuer à l’isolation thermique. L’Encyclopédie des gaz d’Air Liquide cite notamment l’éclairage et le remplissage de vitrages parmi ses applications.

Son intérêt scientifique dépasse l’éclairage : en 1960, une raie spectrale orange de l’isotope krypton-86 a servi à définir le mètre. Cette définition historique a depuis été remplacée; elle montre toutefois comment les raies lumineuses propres à un isotope peuvent fournir une référence de mesure. La fiche pédagogique de Jefferson Lab rapporte cet usage ainsi que celui du krypton dans certains flashes et dispositifs lumineux.

Le krypton présente-t-il un risque particulier ?

Le krypton n’est pas combustible, mais un gaz qui s’accumule dans un espace clos peut déplacer l’oxygène de l’air et créer un risque d’asphyxie. Comme tout gaz conservé sous pression, il faut le manipuler avec un équipement adapté et éviter de respirer une atmosphère appauvrie en oxygène. Son faible rôle dans les usages courants ne doit donc pas faire oublier les précautions liées au stockage et aux espaces confinés.

Isotopes naturels du krypton

IsotopeMasse (u)Abondance naturelleStabilité
⁷⁸Kr77,92036494(76)0,355 %radioactif
⁸⁰Kr79,91637808(75)2,286 %stable
⁸²Kr81,91348273(94)11,593 %stable
⁸³Kr82,91412716(32)11,5 %stable
⁸⁴Kr83,9114977282(44)56,987 %stable
⁸⁶Kr85,9106106269(41)17,279 %stable

45 isotopes du krypton sont connus, dont 5 stables. Données : NIST et AMDC (AIEA), via PubChem.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du krypton ?

La masse molaire du krypton est de 83,798 g/mol, d’après la masse atomique standard de 83,798 u retenue par l’IUPAC (CIAAW). Une mole d’atomes de krypton pèse donc environ 83,798 grammes.

Quel est le numéro atomique du krypton ?

Le numéro atomique du krypton est 36 : son noyau compte 36 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Kr.

Quelle est la configuration électronique du krypton ?

La configuration électronique du krypton est [Ar] 4s² 3d¹⁰ 4p⁶, soit 2, 8, 18, 8 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le krypton appartient au bloc p du tableau périodique.

Le krypton est-il vraiment inerte ?

Non, pas absolument. Sa couche électronique externe complète le rend peu réactif dans les conditions ordinaires, mais des composés existent, notamment le difluorure de krypton, KrF₂. Il vaut donc mieux dire que le krypton est chimiquement peu réactif plutôt que totalement incapable de former des liaisons.

Le krypton est-il dangereux à respirer ?

Le principal danger est l’asphyxie si le gaz s’accumule et remplace une partie de l’oxygène de l’air, en particulier dans un espace mal ventilé. Les bouteilles de gaz présentent aussi les risques associés à leur contenu sous pression. Il faut respecter les consignes de sécurité applicables au stockage et à la manipulation.

Le krypton utilisé dans les lampes vient-il de mines ?

Non. Le krypton destiné aux usages industriels est récupéré dans l’air, où il existe en très faible proportion. L’air est liquéfié, puis ses constituants sont séparés par distillation fractionnée et le krypton est purifié. Il n’est donc pas extrait d’un minerai comme un métal.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.