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ELM Élément n° 10 sur 118

Néon (Ne)

Le néon est presque absent de la croûte terrestre, mais sa lumière rouge orangé l’a rendu célèbre dans les enseignes. Sa configuration électronique explique aussi pourquoi cet élément, découvert en 1898, réagit très peu avec les autres substances.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du néon

Numéro atomique (Z)
10
Symbole
Ne
Masse atomique
20,1797 u
Masse molaire
20,1797 g/mol
Famille
Gaz nobles
Période · groupe · bloc
2 · 18 · p
Configuration électronique
[He] 2s² 2p⁶
État à 20 °C
gaz
Température de fusion
-248,59 °C (24,56 K)
Température d’ébullition
-246,08 °C (27,07 K)
Masse volumique
8,999 × 10⁻⁴ g/cm³
Électronégativité (Pauling)
non mesuré
Rayon atomique (van der Waals)
154 pm
1re énergie d’ionisation
21,57 eV
Affinité électronique
non mesuré
États d’oxydation
0
Découverte
1898, par Morris William Travers, William Ramsay
Nom tiré de
nouveau
Abondance dans la croûte terrestre
0,005 mg/kg
Abondance dans l’eau de mer
1,2 × 10⁻⁴ mg/L
Numéro CAS
7440-01-9
Néon : période 2, groupe 18, famille des gaz nobles.
Ne
Électrons par couche : 2 · 8

Le néon est un gaz incolore et inodore à température ambiante. Il appartient à la famille des gaz nobles, dont les éléments occupent la dernière colonne du tableau périodique. Son numéro atomique est 10 : chaque atome possède donc dix protons. Sa masse atomique est de 20,1797 u, une valeur qui tient compte des proportions des différents isotopes présents dans la nature.

Pourquoi le néon réagit-il si peu ?

Situé en période 2 et dans le groupe 18, le néon possède une couche électronique externe complète, décrite par la configuration [He]2s² 2p⁶. Cette organisation rend difficile la perte ou le partage d’électrons : dans les conditions ordinaires, le néon ne forme pas de composés chimiques connus. Son état d’oxydation est nul.

C’est l’un des gaz nobles les plus réfractaires à la réaction chimique. Le néon est liquide seulement à très basse température : sa fusion se produit à −248,59 °C et son ébullition à −246,08 °C. Sous forme liquide, il peut servir de réfrigérant cryogénique, c’est-à-dire de fluide utilisé pour atteindre des températures extrêmement basses. La fiche du Jefferson Lab cite aussi les indicateurs haute tension et les lasers hélium-néon parmi ses applications.

Où trouve-t-on le néon et comment l’obtient-on ?

Sur Terre, le néon est présent en très faible quantité dans l’atmosphère. La fiche de l’Institut UTINAM du CNRS indique une concentration atmosphérique d’environ 0,018 %. Il est rare dans la croûte terrestre et n’est pas présent en quantité mesurable dans l’eau de mer selon les données d’identité affichées pour cet élément.

À l’échelle industrielle, on le récupère à partir de l’air liquéfié, lors de la séparation de ses constituants. L’Élémentarium de la Société chimique de France décrit le néon comme un coproduit de la production de dioxygène et de diazote. Cette méthode est cohérente avec sa faible abondance : il faut traiter de grands volumes d’air pour isoler ce gaz.

À quoi sert-il dans les enseignes et les appareils ?

Dans une enseigne au néon, une décharge électrique traverse le gaz contenu dans un tube. Les atomes excités libèrent ensuite de l’énergie sous forme de lumière, dont la teinte caractéristique est rouge orangé. Le mot « néon » désigne souvent, par extension, des tubes lumineux qui contiennent d’autres gaz ou des mélanges : toutes les enseignes lumineuses ne fonctionnent donc pas nécessairement avec du néon pur.

Le gaz est également employé dans des indicateurs haute tension et, associé à l’hélium, dans des lasers hélium-néon. Ces lasers ont notamment servi dans des appareils de mesure et des lecteurs de codes-barres. Sous forme liquide, le néon trouve une application en cryogénie. Ces usages exploitent des propriétés distinctes : l’émission lumineuse sous décharge, la faible réactivité et le très bas point d’ébullition.

Que révèlent ses isotopes et son nom ?

Le néon naturel est constitué principalement de trois isotopes stables : le néon 20, le néon 21 et le néon 22. Un isotope est une forme d’un même élément dont le noyau contient un nombre différent de neutrons. Le néon 20 est de loin le plus abondant, tandis que les deux autres contribuent à la masse atomique moyenne indiquée pour l’élément.

Morris William Travers et William Ramsay ont découvert le néon en 1898. Son nom vient du grec neos, qui signifie « nouveau ». Cette appellation faisait écho à l’identification d’un gaz jusque-là inconnu, isolé au cours des travaux consacrés aux gaz rares.

Isotopes naturels du néon

IsotopeMasse (u)Abondance naturelleStabilité
²⁰Ne19,9924401762(17)90,48 %stable
²¹Ne20,993846685(41)0,27 %stable
²²Ne21,991385114(18)9,25 %stable

20 isotopes du néon sont connus, dont 3 stables. Données : NIST et AMDC (AIEA), via PubChem.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du néon ?

La masse molaire du néon est de 20,1797 g/mol, d’après la masse atomique standard de 20,1797 u retenue par l’IUPAC (CIAAW). Une mole d’atomes de néon pèse donc environ 20,1797 grammes.

Quel est le numéro atomique du néon ?

Le numéro atomique du néon est 10 : son noyau compte 10 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Ne.

Quelle est la configuration électronique du néon ?

La configuration électronique du néon est [He] 2s² 2p⁶, soit 2, 8 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le néon appartient au bloc p du tableau périodique.

Le néon des enseignes est-il toujours du néon pur ?

Non. Une « enseigne au néon » peut désigner familièrement différents tubes lumineux, y compris ceux qui contiennent d’autres gaz ou des mélanges. Le néon pur produit une lueur rouge orangé lorsqu’il est excité par une décharge électrique. La couleur d’un tube dépend notamment du gaz utilisé et du dispositif qui l’entoure.

Le néon est-il dangereux à respirer ?

Le néon est chimiquement très peu réactif, mais cela ne signifie pas qu’il soit respirable. Dans un espace confiné, une fuite de gaz peut réduire la proportion d’oxygène disponible et présenter un risque d’asphyxie. Le néon liquide est également extrêmement froid et peut provoquer des lésions par le froid. Sa manipulation relève de procédures adaptées aux gaz et aux températures cryogéniques.

Pourquoi dit-on parfois « lumière au néon » pour des couleurs autres que le rouge ?

L’expression est devenue un nom courant pour les tubes lumineux, même lorsque le gaz utilisé n’est pas du néon. Le néon pur émet une lumière rouge orangé sous décharge. D’autres gaz ou des revêtements fluorescents peuvent produire différentes couleurs ; l’apparence d’une enseigne ne permet donc pas, à elle seule, d’identifier son contenu.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.