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ELM Élément n° 118 sur 118

Oganesson (Og)

Dernier élément du tableau périodique, l’oganesson n’a été observé que sous forme de quelques atomes fugaces. Sa place parmi les gaz nobles est connue, mais son comportement chimique reste surtout prédit par les calculs.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité de l’oganesson

Numéro atomique (Z)
118
Symbole
Og
Masse (isotope le plus stable)
295,216 u
Masse molaire
295,216 g/mol
Famille
Gaz nobles
Période · groupe · bloc
7 · 18 · p
Configuration électronique
[Rn] 7s² 7p⁶ 5f¹⁴ 6d¹⁰ (prévue)
État à 20 °C
gaz (prévu)
Température de fusion
non mesuré
Température d’ébullition
non mesuré
Masse volumique
non mesuré
Électronégativité (Pauling)
non mesuré
Rayon atomique (van der Waals)
non mesuré
1re énergie d’ionisation
non mesuré
Affinité électronique
non mesuré
États d’oxydation
+6, +4, +2, +1, 0, -1
Découverte
2006, par Institut unifié de recherches nucléaires
Nom tiré de
Iouri Oganessian
Numéro CAS
54144-19-3

Oganesson n’a pas d’isotope stable présent dans la nature : la masse indiquée est celle de son isotope le plus stable.

Oganesson : période 7, groupe 18, famille des gaz nobles.
Og
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 32 · 32 · 18 · 8

L’oganesson est un élément synthétique : aucun échantillon naturel ou macroscopique n’est disponible pour l’observer comme un gaz ordinaire. Les quelques noyaux produits se désintègrent presque aussitôt. Son intérêt est donc celui d’un objet de recherche sur les noyaux superlourds, plutôt que d’une matière que l’on pourrait manipuler ou utiliser au quotidien.

Comment produit-on l’oganesson ?

Pour fabriquer l’isotope oganesson-294, des chercheurs ont bombardé une cible de californium-249 avec des ions calcium-48. La fusion de deux noyaux peut former un noyau d’oganesson, qui se désintègre rapidement. PubChem rapporte que l’expérience a conduit à la production de trois atomes après une irradiation prolongée. Cette rareté, ajoutée à la durée de vie très brève des noyaux, rend leur détection et leur étude particulièrement difficiles.

L’oganesson n’est donc pas extrait d’un minerai et ne se trouve pas en quantité mesurable dans la nature. Il est créé dans des installations de recherche nucléaire, au prix d’expériences longues et complexes. Les travaux portent notamment sur la formation et la désintégration des noyaux superlourds. La présentation du CEA sur les noyaux superlourds replace ces expériences dans la recherche d’éléments très lourds.

Que peut-on en faire ?

Aucun usage courant ni application industrielle de l’oganesson n’est établi. Comme le souligne le Jefferson Lab, seuls quelques atomes ont été produits : l’élément sert uniquement à la recherche fondamentale. Il n’existe pas de composés courants à base d’oganesson ni de matériau que l’on pourrait fabriquer avec lui.

Pourquoi son comportement reste-t-il incertain ?

L’oganesson occupe le groupe 18, celui des éléments de la famille des gaz nobles. Cette position suggère une couche électronique externe remplie, mais elle ne suffit pas à établir expérimentalement ses propriétés. Sa configuration électronique est calculée, et son état gazeux à température ambiante est une prévision, non une observation directe sur un échantillon.

À cette échelle, les effets relativistes sur les électrons deviennent importants et peuvent modifier les tendances chimiques attendues. Les propriétés de l’oganesson sont donc étudiées surtout par des modèles théoriques, faute de matière en quantité suffisante. Son nom, adopté par l’UICPA en 2016, rend hommage au physicien Iouri Oganessian, pour sa contribution à la recherche sur les éléments superlourds, comme le précise l’annonce de l’UICPA.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire de l’oganesson ?

L’oganesson n’a pas de masse atomique standard, faute d’isotope stable présent dans la nature. On retient la masse de son isotope le plus stable, 295,216 u, soit environ 295,216 g/mol.

Quel est le numéro atomique de l’oganesson ?

Le numéro atomique de l’oganesson est 118 : son noyau compte 118 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Og.

Quelle est la configuration électronique de l’oganesson ?

La configuration électronique prévue de l’oganesson est [Rn] 7s² 7p⁶ 5f¹⁴ 6d¹⁰, soit 2, 8, 18, 32, 32, 18, 8 électrons répartis de la première à la dernière couche. L’oganesson appartient au bloc p du tableau périodique.

L’oganesson est-il vraiment un gaz noble ?

Il est classé dans le groupe 18, la famille des gaz nobles. Toutefois, on n’a jamais disposé d’un échantillon assez important pour mesurer directement ses propriétés comme on le ferait pour l’argon ou le xénon. Son état gazeux à température ambiante et son comportement chimique sont des prévisions, et pourraient différer des tendances habituelles de cette famille.

L’oganesson existe-t-il dans la nature ?

Aucun oganesson n’est présent naturellement en quantité mesurable. Les atomes connus ont été produits artificiellement dans des expériences nucléaires et se désintègrent très rapidement. Il n’existe donc ni gisement ni source naturelle exploitable de cet élément.

Pourquoi la masse indiquée est-elle 295,216 u ?

Cette valeur est associée à l’isotope le plus stable indiqué pour l’oganesson; ce n’est pas une masse atomique standard mesurée sur un mélange naturel d’isotopes. Aucun isotope stable ni échantillon naturel de composition connue ne permet d’établir une telle masse standard pour l’élément.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.