L’oganesson est un élément synthétique : aucun échantillon naturel ou macroscopique n’est disponible pour l’observer comme un gaz ordinaire. Les quelques noyaux produits se désintègrent presque aussitôt. Son intérêt est donc celui d’un objet de recherche sur les noyaux superlourds, plutôt que d’une matière que l’on pourrait manipuler ou utiliser au quotidien.
Comment produit-on l’oganesson ?
Pour fabriquer l’isotope oganesson-294, des chercheurs ont bombardé une cible de californium-249 avec des ions calcium-48. La fusion de deux noyaux peut former un noyau d’oganesson, qui se désintègre rapidement. PubChem rapporte que l’expérience a conduit à la production de trois atomes après une irradiation prolongée. Cette rareté, ajoutée à la durée de vie très brève des noyaux, rend leur détection et leur étude particulièrement difficiles.
L’oganesson n’est donc pas extrait d’un minerai et ne se trouve pas en quantité mesurable dans la nature. Il est créé dans des installations de recherche nucléaire, au prix d’expériences longues et complexes. Les travaux portent notamment sur la formation et la désintégration des noyaux superlourds. La présentation du CEA sur les noyaux superlourds replace ces expériences dans la recherche d’éléments très lourds.
Que peut-on en faire ?
Aucun usage courant ni application industrielle de l’oganesson n’est établi. Comme le souligne le Jefferson Lab, seuls quelques atomes ont été produits : l’élément sert uniquement à la recherche fondamentale. Il n’existe pas de composés courants à base d’oganesson ni de matériau que l’on pourrait fabriquer avec lui.
Pourquoi son comportement reste-t-il incertain ?
L’oganesson occupe le groupe 18, celui des éléments de la famille des gaz nobles. Cette position suggère une couche électronique externe remplie, mais elle ne suffit pas à établir expérimentalement ses propriétés. Sa configuration électronique est calculée, et son état gazeux à température ambiante est une prévision, non une observation directe sur un échantillon.
À cette échelle, les effets relativistes sur les électrons deviennent importants et peuvent modifier les tendances chimiques attendues. Les propriétés de l’oganesson sont donc étudiées surtout par des modèles théoriques, faute de matière en quantité suffisante. Son nom, adopté par l’UICPA en 2016, rend hommage au physicien Iouri Oganessian, pour sa contribution à la recherche sur les éléments superlourds, comme le précise l’annonce de l’UICPA.