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Gaz nobles

De l’hélium à l’oganesson, sept éléments occupent la dernière colonne du tableau périodique. Leur point commun est une couche électronique externe complète, mais leurs propriétés et leur réactivité ne sont pas identiques.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Les 7 gaz nobles

Les gaz nobles se trouvent dans la dernière colonne du tableau périodique interactif, appelée groupe 18. Les six éléments présents dans la nature sont l’hélium, le néon, l’argon, le krypton, le xénon et le radon. L’oganesson, créé artificiellement, complète le groupe dans les tableaux, mais ses propriétés sont encore mal connues. Le terme « noble » évoque leur faible tendance à réagir, plutôt qu’une inertie absolue.

Pourquoi partagent-ils une couche externe complète ?

La position d’un élément dans le tableau périodique reflète en partie l’organisation de ses électrons. Pour les gaz nobles, la couche électronique la plus externe est remplie : l’hélium possède deux électrons sur sa première couche, tandis que les autres ont généralement huit électrons de valence, répartis en sous-couches s et p. Une couche de valence est la région externe qui intervient le plus souvent dans les liaisons chimiques.

Cette configuration est particulièrement stable. Les atomes ont donc peu tendance à gagner, perdre ou partager des électrons, ce qui explique leur faible réactivité dans de nombreuses conditions. Cela ne signifie pas qu’ils ne forment jamais de composés : le xénon, notamment, réagit avec des éléments très réactifs comme le fluor. Les gaz nobles existent habituellement sous forme d’atomes isolés, plutôt qu’en molécules diatomiques comme l’oxygène de l’air. La présentation des configurations et des tendances du groupe dans le manuel universitaire OpenStax en français détaille ces comportements.

Quelles propriétés évoluent dans la colonne ?

À température ambiante, les six gaz nobles naturels sont des gaz monoatomiques, c’est-à-dire constitués d’atomes isolés. Leurs forces d’attraction entre atomes sont faibles, d’où leurs températures de fusion et d’ébullition basses. En descendant la colonne, les atomes deviennent plus gros et plus lourds, et les interactions entre eux se renforcent. Les températures d’ébullition augmentent donc généralement vers le bas du groupe. Cette tendance explique notamment pourquoi l’hélium, tout en haut, reste gazeux à des températures extrêmement basses où des gaz plus lourds se liquéfient.

Leur faible réactivité est également moins absolue pour les éléments les plus lourds. Le krypton et le xénon peuvent former certains composés, contrairement à l’image parfois simplifiée de gaz « inertes ». Le radon est un cas particulier : c’est un élément radioactif, dont les atomes se désintègrent. Enfin, l’oganesson est classé dans le groupe 18 en raison de sa position, mais il n’a été produit qu’en très petites quantités. Son comportement chimique et son état physique ne sont pas établis par des observations ordinaires : les propriétés prévues ne doivent pas être confondues avec des propriétés mesurées.

À quoi servent les éléments les plus connus ?

Les applications dépendent des propriétés spécifiques de chaque gaz, et non seulement de leur appartenance à la famille.

  • Hélium : sa faible masse volumique et son caractère peu réactif le rendent utile dans des applications où un gaz léger ou une atmosphère protectrice est nécessaire. Sa fiche décrit ses propriétés et ses usages dans l’hélium, He.
  • Néon : utilisé dans certaines lampes à décharge, il émet une lumière caractéristique lorsqu’un courant électrique traverse le gaz. Le nom « néon » est aussi souvent employé pour des enseignes qui peuvent contenir d’autres gaz ou mélanges. Retrouvez les détails sur le néon et sa lumière.
  • Argon : présent dans l’air, il est employé comme gaz protecteur dans certains procédés, car il réagit peu avec les matériaux environnants. Sa fiche présente les caractéristiques de l’argon dans les procédés.
  • Krypton et xénon : ils interviennent notamment dans certaines sources lumineuses et applications spécialisées. Le xénon se distingue aussi par la formation de composés chimiques.
  • Radon : son caractère radioactif en fait un sujet de radioprotection plutôt qu’un gaz d’usage courant.
  • Oganesson : aucune application courante n’est établie ; sa production relève de la recherche sur les éléments très lourds.

Ainsi, la famille est cohérente par sa position et sa structure électronique, mais elle rassemble des éléments aux usages et aux risques très différents. « Gaz nobles » décrit une tendance chimique générale, pas une propriété uniforme de chaque membre.

Questions fréquentes

Les gaz nobles sont-ils vraiment inertes ?

Non, « inerte » est une simplification. Leur couche électronique externe complète rend leur réactivité faible dans beaucoup de situations, mais certains gaz nobles peuvent former des composés. Le xénon est l’exemple le plus connu, et le krypton peut également participer à certaines réactions. Le terme « noble » indique donc une faible réactivité générale, pas une impossibilité absolue de réagir.

Pourquoi l’oganesson est-il classé parmi les gaz nobles si ses propriétés sont inconnues ?

L’oganesson se trouve dans la dernière case du groupe 18, sous le radon, ce qui le rattache à cette colonne dans le tableau périodique. Toutefois, il est synthétique et n’a été produit qu’en quantités infimes. Ses propriétés chimiques et son état physique ne sont pas directement établis comme ceux des gaz nobles naturels ; la classification par position ne prouve donc pas qu’il se comporte exactement comme eux.

Le radon est-il sans danger parce qu’il appartient aux gaz nobles ?

Non. Le radon est radioactif : le fait qu’il réagisse peu chimiquement ne supprime pas les risques liés à sa radioactivité. Il faut distinguer la réactivité chimique d’un élément des effets de son rayonnement. Le radon est donc un cas important qui montre que l’appartenance à la famille des gaz nobles ne signifie ni innocuité ni absence de risque.