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Actinides

De l’actinium au lawrencium, les 15 actinides occupent une série à part dans le tableau périodique. Leurs électrons 5f expliquent une chimie variée, tandis que leur radioactivité et la rareté de plusieurs membres limitent leurs usages courants.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Les 15 actinides

Les actinides s’étendent de l’actinium (Ac, numéro atomique 89) au lawrencium (Lr, 103). Dans le tableau périodique interactif, cette série est généralement représentée sur une ligne distincte sous le corps principal : ce placement compact évite d’élargir le tableau, mais les éléments appartiennent à la septième période. Les quinze membres sont l’actinium, le thorium, le protactinium, l’uranium, le neptunium, le plutonium, l’américium, le curium, le berkélium, le californium, l’einsteinium, le fermium, le mendélévium, le nobélium et le lawrencium.

Pourquoi forment-ils une même série ?

La famille est associée au remplissage progressif de la sous-couche électronique 5f. Une sous-couche est un ensemble d’orbitales, c’est-à-dire des régions où la probabilité de trouver des électrons est élevée. Toutefois, la règle est moins simple qu’une addition régulière d’un électron 5f à chaque étape : les niveaux d’énergie 5f et 6d sont proches, et les configurations réelles varient. Les premiers membres, en particulier, ne suivent pas tous le même schéma. La série est donc une famille du tableau, pas une suite d’atomes aux configurations identiques.

Cette proximité énergétique a des conséquences chimiques. Les électrons 5f des premiers actinides peuvent contribuer aux liaisons, contrairement aux électrons 4f des lanthanides qui participent moins souvent à leur chimie. L’article de l’Académie des sciences sur les actinides souligne que les niveaux 5f ont des énergies proches de celles des orbitales 6d, ce qui contribue à la diversité de leurs degrés d’oxydation. Un degré d’oxydation est une manière de comptabiliser les électrons attribués à un atome dans un composé.

Quelles propriétés varient le long de la série ?

Tous les actinides sont radioactifs : leurs noyaux instables se transforment en émettant des rayonnements. Ils sont aussi métalliques dans les conditions ordinaires, mais leurs propriétés chimiques ne sont pas uniformes. Les états d’oxydation possibles sont particulièrement variés parmi les premiers membres, tandis que l’état +3 devient plus caractéristique pour une partie des actinides plus lourds. Cette tendance n’est pas une règle absolue pour chaque élément et chaque composé.

La radioactivité, la disponibilité des éléments et les difficultés de manipulation compliquent l’étude et l’usage de cette famille. À mesure que le numéro atomique augmente, de nombreux membres sont produits artificiellement et n’existent qu’en quantités très faibles. On ne peut donc pas tirer de leurs propriétés générales l’idée qu’ils ont tous des applications pratiques semblables.

Quels actinides rencontre-t-on le plus souvent ?

L’uranium est le membre le plus connu pour son rôle dans le combustible nucléaire. Le thorium et le protactinium éclairent, eux, la diversité chimique du début de série : leurs fiches détaillent respectivement le thorium métallique et le protactinium, tandis que l’actinium est un élément radioactif rare, étudié notamment en recherche. La place de ces premiers éléments dans la série ne signifie pas que leurs usages soient interchangeables.

Le plutonium intervient lui aussi dans le domaine nucléaire. Certains isotopes, c’est-à-dire des variantes d’un élément ayant le même nombre de protons mais un nombre différent de neutrons, sont étudiés ou utilisés pour leurs propriétés nucléaires. L’Académie des sciences cite notamment le plutonium 238 comme source d’énergie pour des sondes spatiales. L’américium est connu pour son emploi dans certains détecteurs de fumée à chambre d’ionisation, mais cette application concerne une quantité encadrée de matière radioactive dans un appareil conçu à cet effet, et non l’américium sous forme libre.

Les autres actinides ont surtout des usages spécialisés en recherche nucléaire, en physique ou en chimie des éléments lourds. Selon le ministère américain de l’Énergie, l’étude de leur comportement chimique est pertinente pour les applications liées à l’énergie et à la gestion de matières nucléaires. Ces applications dépendent de l’isotope et du composé considérés ; elles ne constituent pas des usages domestiques ordinaires.

La série des actinides relie ainsi une organisation électronique commune à des comportements très différents. Le remplissage de la sous-couche 5f donne une cohérence à la famille, mais la proximité des orbitales, les multiples degrés d’oxydation et la radioactivité expliquent pourquoi chaque élément doit être étudié dans son contexte chimique et nucléaire.

Questions fréquentes

Les actinides sont-ils tous présents naturellement ?

Non. Certains actinides existent dans la nature, notamment l’uranium et le thorium, tandis que plusieurs éléments plus lourds sont principalement obtenus artificiellement. Leur présence et leur abondance dépendent de l’élément, de l’isotope et du contexte géologique ou nucléaire.

Pourquoi les actinides sont-ils placés sous le tableau périodique ?

Ils sont souvent dessinés sur une ligne séparée pour rendre le tableau plus compact. Cette présentation ne signifie pas qu’ils soient extérieurs au tableau : ils appartiennent à la septième période, où ils correspondent à la série associée au remplissage de la sous-couche 5f.

Les actinides ont-ils tous les mêmes usages ?

Non. L’uranium et le plutonium sont associés à des applications nucléaires, tandis que certains isotopes d’autres actinides sont employés dans des contextes spécialisés ou étudiés en laboratoire. Les usages dépendent des propriétés nucléaires et chimiques de chaque isotope, ainsi que des règles de manipulation de matières radioactives.