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ELM 11 éléments

Métaux pauvres

De l’aluminium aux éléments superlourds synthétiques, les métaux pauvres couvrent plusieurs colonnes du bloc p. Leur nom désigne une famille utile pour comparer des tendances, mais ses frontières varient selon les classifications.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Les 11 métaux pauvres

Les métaux pauvres occupent la partie droite du tableau périodique, après le bloc des métaux de transition et avant les métalloïdes ou les non-métaux. Dans la classification retenue ici, la famille compte 11 éléments, du numéro atomique 13 au 116. Vous pouvez les situer parmi les autres familles grâce au tableau périodique interactif. On les appelle aussi métaux post-transition, car ils suivent les métaux de transition dans le tableau.

Pourquoi leur classement varie-t-il ?

« Métaux pauvres » n’est pas une famille définie par une frontière universellement fixée. Les sources n’incluent pas toutes les mêmes éléments : certaines retiennent les sept éléments connus jusqu’au bismuth, tandis que d’autres ajoutent les éléments superlourds des périodes suivantes. La liste de cette fiche comprend quatre éléments synthétiques, dont les propriétés macroscopiques sont prévues plutôt que mesurées sur un échantillon ordinaire.

Dans le tableau, les membres se trouvent dans les groupes 13 à 16, dans le bloc p. Ce bloc correspond au remplissage progressif des orbitales p de la couche externe. La famille rassemble donc des éléments de plusieurs colonnes, et non une colonne unique aux propriétés parfaitement identiques. La présentation de l’IUPAC donne le cadre commun de leur position, mais le nom de la famille relève d’une classification descriptive.

Quelle structure électronique ont-ils en commun ?

Leur point commun électronique est la présence d’électrons de valence dans une sous-couche p. Le nombre de ces électrons dépend du groupe : les éléments du groupe 13, comme l’aluminium, ont une configuration externe de type ns²np¹; l’étain et le plomb, du groupe 14, ont ns²np²; le bismuth, du groupe 15, a ns²np³. Les éléments plus lourds des groupes correspondants suivent le même schéma général, avec des effets relativistes importants susceptibles de modifier leur comportement chimique.

Cette diversité explique pourquoi ils n’ont pas tous la même valence ni les mêmes réactions. Selon l’élément et le composé considéré, ils peuvent former des ions positifs, des liaisons covalentes ou plusieurs états d’oxydation. Pour l’aluminium, l’état +3 est courant; chez des éléments plus lourds, certains états d’oxydation moins élevés peuvent être favorisés. Il vaut donc mieux parler de tendances que d’une règle chimique unique pour toute la famille.

Quelles propriétés évoluent dans le groupe ?

Ces éléments sont métalliques à température ambiante dans les cas observés, mais ils se distinguent souvent des métaux de transition par une dureté et des points de fusion plus faibles, ainsi que par une conductivité moins élevée. Ce sont des tendances générales, pas des propriétés sans exception : la structure cristalline, la pureté et la température comptent aussi. En descendant dans une colonne, le caractère métallique tend à s’accentuer, tandis que la taille atomique augmente; les détails dépendent toutefois de la colonne et des effets propres aux éléments lourds.

Le gallium illustre bien la variété des comportements physiques : la Société chimique de France indique que son point de fusion est proche de la température ambiante et décrit son emploi dans des matériaux semi-conducteurs, notamment l’arséniure de gallium (fiche de la Société chimique de France sur le gallium). L’aluminium, lui, est un métal léger largement employé sous forme de métal et d’alliages; sa fiche élémentaire permet de distinguer ses propriétés de celles du gallium.

Quels membres sont les plus remarquables ?

L’aluminium est un métal courant, tandis que l’étain et le plomb sont connus depuis l’Antiquité. Le gallium, découvert en 1875, fond à une température légèrement supérieure à 29 °C selon la Société chimique de France. Il entre surtout dans des composés utiles en électronique et en optoélectronique. Sa fiche dédiée détaille ces usages; la fiche de l’indium présente notamment un métal employé dans des matériaux pour écrans et cellules solaires en couches minces, comme le rapporte L’Élémentarium (données sur l’indium).

Les quatre derniers membres de la liste, le nihonium, le flérovium, le moscovium et le livermorium, sont des éléments superlourds obtenus en laboratoire. Leur état solide est indiqué comme prévu dans les données du gabarit : ces noyaux sont très instables et n’existent pas en quantités permettant d’étudier un morceau de métal comme on le ferait pour l’aluminium. Leur inclusion rappelle que la famille combine des métaux familiers et des éléments dont les propriétés restent principalement explorées par la physique nucléaire et la chimie des atomes isolés.

Questions fréquentes

Les métaux pauvres sont-ils tous mous et mauvais conducteurs ?

Non. Ce sont des tendances générales par rapport à de nombreux métaux de transition, pas une règle valable à l’identique pour chaque élément. La conductivité et la dureté varient selon la structure du solide, la pureté et la température. Les propriétés physiques de l’aluminium, par exemple, ne se déduisent pas directement de celles du gallium ou du bismuth.

Pourquoi trouve-t-on parfois seulement sept métaux pauvres ?

Les limites de cette catégorie ne sont pas uniformes. Certaines classifications s’arrêtent au bismuth et retiennent l’aluminium, le gallium, l’indium, l’étain, le thallium, le plomb et le bismuth. D’autres y ajoutent des éléments superlourds des périodes suivantes. La liste à 11 éléments correspond à une convention de classement, et non à une frontière chimique universelle.

Les métaux pauvres sont-ils la même chose que les métaux post-transition ?

Les deux expressions sont souvent employées pour désigner des éléments situés dans le bloc p, après les métaux de transition. Elles renvoient généralement à des ensembles proches, mais leur composition varie d’une source à l’autre. Il est donc utile de vérifier quels éléments une table inclut plutôt que de supposer que les deux termes définissent toujours exactement la même liste.