Le moscovium (Mc) est un élément chimique de numéro atomique 115, c’est-à-dire que son noyau contient 115 protons. Aucun moscovium n’est présent naturellement en quantité mesurable : les atomes observés ont été produits en laboratoire et se désintègrent rapidement. Sa masse indiquée, 290,196 u, correspond au nombre de masse de l’isotope le plus stable connu, et non à une masse atomique standard mesurée sur un échantillon naturel.
Comment le moscovium est-il obtenu ?
Les premières synthèses ont eu lieu en 2003 à l’Institut unifié de recherches nucléaires, à Doubna, en Russie. Des noyaux de calcium ont été accélérés et projetés sur une cible d’américium. La fusion de deux noyaux peut former un noyau de moscovium, mais la réaction est extrêmement rare : les chercheurs n’en produisent que quelques atomes lors de telles expériences. L’historique de synthèse répertorié par PubChem décrit cette réaction et précise que l’élément ne se trouve pas dans la croûte terrestre.
Le nom rappelle l’oblast de Moscou, la région où se trouve l’institut. L’Union internationale de chimie pure et appliquée (IUPAC) a approuvé le nom et le symbole Mc en 2016, comme le rapporte la décision de l’IUPAC. Avant cette dénomination officielle, l’élément était désigné par le nom systématique provisoire « ununpentium ».
Que révèle sa place dans le tableau périodique ?
Le moscovium se situe dans le groupe 15, sous le bismuth, et appartient à la période 7. Il fait partie des éléments de la famille des métaux pauvres. Cette position aide à formuler des prévisions sur ses propriétés chimiques, mais ne signifie pas qu’on puisse en observer facilement le comportement : les quantités produites et la durée de vie de ses isotopes sont trop faibles pour étudier un échantillon ordinaire.
La configuration électronique indiquée pour Mc est calculée, et son état solide à température ambiante est lui aussi prédit plutôt que constaté sur un morceau de matière. Les propriétés décrites par le tableau doivent donc être distinguées des mesures possibles sur des éléments stables.
À quoi sert-il aujourd’hui ?
Le moscovium n’a pas d’usage courant ni d’application industrielle connue. Comme le résume la fiche pédagogique du Jefferson Lab, ses utilisations se limitent à la recherche scientifique fondamentale. Les expériences visent notamment à produire et identifier des noyaux superlourds et à étudier leurs désintégrations. Il n’existe pas de composés de moscovium disponibles pour des usages pratiques.