Le livermorium est un élément synthétique, c’est-à-dire obtenu par une réaction nucléaire plutôt qu’extrait de la nature. Son numéro atomique est 116 : chacun de ses atomes possède donc 116 protons. La valeur 293,205 u associée à sa masse correspond au nombre de masse de l’isotope le plus stable connu, et non à une masse atomique standard mesurée sur un échantillon naturel.
Comment les chercheurs produisent-ils le livermorium ?
En 2000, une équipe de l’Institut unifié de recherches nucléaires, à Doubna, a observé la formation de l’élément 116. La méthode décrite par L’Élémentarium consiste à bombarder une cible de curium 248 avec des ions calcium 48. La fusion de noyaux produit un noyau de livermorium, puis des neutrons sont émis. La réaction est extrêmement rare : le produit se détecte par les transformations radioactives qui suivent, et non comme une quantité de matière que l’on pourrait recueillir.
Aucun isotope du livermorium n’est stable, et l’élément n’existe pas naturellement en quantité mesurable. Les expériences n’en fournissent que quelques atomes, qui se désintègrent rapidement. La fiche du Los Alamos National Laboratory indique que ses propriétés physiques et chimiques restent donc largement prédites plutôt que mesurées directement.
À quoi sert-il et que sait-on de sa chimie ?
Le livermorium n’a pas d’usage courant, industriel ou médical établi. Comme le précise Jefferson Lab dans sa fiche It’s Elemental, il sert uniquement à la recherche fondamentale. Les expériences visent notamment à produire et identifier des noyaux superlourds, puis à étudier leur désintégration et leur stabilité.
Dans le tableau périodique, le livermorium appartient au groupe 16, avec l’oxygène, le soufre et le polonium. Il est aussi classé parmi les métaux pauvres. Cette position aide les chimistes à prévoir certaines ressemblances, mais elle ne suffit pas à établir son comportement réel : la quantité disponible et la durée de vie de ses isotopes rendent les expériences chimiques directes très difficiles.
Son nom rend hommage au Lawrence Livermore National Laboratory, partenaire des recherches qui ont conduit à sa synthèse. En pratique, le livermorium est donc surtout un objet d’étude en physique nucléaire, pas une substance que l’on rencontre dans des produits ou des matériaux.