Le nihonium ne se trouve pas dans les minerais ni dans l’environnement en quantité mesurable : c’est un élément synthétique, fabriqué dans des expériences de physique nucléaire. Sa place dans la famille des métaux pauvres le rapproche notamment de l’aluminium et du thallium, mais ses propriétés chimiques restent difficiles à mesurer directement, faute d’échantillons durables.
Comment les scientifiques produisent-ils le nihonium ?
Au RIKEN, au Japon, des chercheurs ont accéléré des ions de zinc et les ont projetés sur une cible de bismuth. La fusion de noyaux peut former un noyau de nihonium, mais l’événement est extrêmement rare : selon le centre Nishina du RIKEN, une expérience de bombardement a dû se poursuivre pendant 80 jours avant qu’un événement de synthèse soit observé. Les noyaux produits se désintègrent rapidement, ce qui impose de les identifier à partir des signaux de leur désintégration.
L’élément n’a donc pas de gisement naturel ni d’échantillon macroscopique que l’on pourrait recueillir. Une ressource pédagogique du CNRS sur la synthèse de nouveaux éléments souligne la difficulté particulière de sa découverte expérimentale.
À quoi sert-il, et que nous apprend sa place ?
Les quantités produites sont trop faibles et les noyaux trop instables pour des usages industriels ou courants. Le nihonium sert à la recherche fondamentale : les expériences permettent d’étudier la production et la désintégration des noyaux superlourds. PubChem indique qu’aucune application isotopique du nihonium n’est connue en dehors de la recherche scientifique.
Dans le tableau périodique, le Nh occupe le groupe 13, sous le thallium. Cette position suggère des ressemblances chimiques avec les autres éléments de la colonne, mais il ne faut pas confondre prévisions et mesures : les propriétés du nihonium sont largement établies par calcul, et non par l’étude de quantités ordinaires de matière. Son état solide à température ambiante est lui aussi une prévision.
Pourquoi cet élément s’appelle-t-il nihonium ?
Le nom vient de « Nihon », l’un des noms japonais du Japon. Il souligne le rôle des chercheurs japonais dans la synthèse reconnue de l’élément 113. Comme pour les autres éléments superlourds, son intérêt tient surtout à ce qu’il permet d’explorer les limites de la formation et de la stabilité des noyaux atomiques.