Aller au contenu

Dernière publication le 20 articles4 rubriques

SciFrance

La chimie pour comprendre le monde

ELM Élément n° 97 sur 118

Berkélium (Bk)

Le berkélium n’existe pas en quantité mesurable dans la nature : il est produit artificiellement et étudié en quantités infimes. Son isotope 249 a notamment servi de cible pour synthétiser le tennessine.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du berkélium

Numéro atomique (Z)
97
Symbole
Bk
Masse (isotope le plus stable)
247,07031 u
Masse molaire
247,07031 g/mol
Famille
Actinides
Période · groupe · bloc
7 · aucun (bloc f) · f
Configuration électronique
[Rn] 7s² 5f⁹
État à 20 °C
solide
Température de fusion
1 049,85 °C (1 323 K)
Température d’ébullition
non mesuré
Masse volumique
14 g/cm³
Électronégativité (Pauling)
1,3
Rayon atomique (van der Waals)
244 pm
1re énergie d’ionisation
6,23 eV
Affinité électronique
non mesuré
États d’oxydation
+4, +3
Découverte
1949, par Glenn Seaborg, Albert Ghiorso, Stanley Gerald Thompson
Nom tiré de
Berkeley
Numéro CAS
7440-40-6

Berkélium n’a pas d’isotope stable présent dans la nature : la masse indiquée est celle de son isotope le plus stable.

Berkélium : période 7, ligne des actinides, famille des actinides.
Bk
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 32 · 27 · 8 · 2

Le berkélium est un élément chimique de numéro atomique 97, identifié en 1949 à l’Université de Californie, à Berkeley. Son nom reprend celui de la ville où il a été découvert. Comme les autres éléments très lourds, il est radioactif et ne se rencontre pas naturellement en quantité mesurable. Sa place parmi les actinides aide à situer ses propriétés, mais c’est surtout sa production difficile qui explique pourquoi son usage reste limité à la recherche.

Pourquoi le berkélium est-il un actinide ?

Le berkélium appartient à la série des actinides, une famille d’éléments lourds dont les électrons occupent progressivement la sous-couche 5f. Sa configuration électronique, [Rn]7s² 5f⁹, est cohérente avec cette position dans le bloc f. La série comprend aussi l’uranium, le plutonium et le curium, mais les propriétés de ses membres varient selon leur structure électronique et leurs réactions. Vous pouvez situer le Bk parmi les éléments de la famille des actinides.

Le berkélium peut notamment présenter les états d’oxydation +3 et +4 : cela signifie qu’il peut perdre trois ou quatre électrons dans certains composés. Ces états sont étudiés en chimie des actinides, où les chercheurs analysent les changements de comportement d’un élément selon son état chimique. À l’échelle visible, le métal est décrit comme solide à température ambiante, mais sa rareté et sa radioactivité rendent les observations expérimentales exigeantes.

Où le trouve-t-on et comment est-il produit ?

Aucune source naturelle ne fournit de berkélium en quantité exploitable : les échantillons étudiés sont synthétisés dans des installations nucléaires. L’histoire de l’élément commence avec l’isotope 243, obtenu en 1949 par bombardement d’une cible d’américium ou de curium dans un cyclotron, selon L’Élémentarium de la Société chimique de France.

La production de certains isotopes demande ensuite l’irradiation de matières contenant des actinides, puis des opérations de séparation et de purification. Ce travail est délicat : les noyaux radioactifs se transforment au cours du temps et peuvent se mélanger à d’autres éléments. Le Département de l’Énergie des États-Unis décrit des méthodes de purification du berkélium-249 destinées à fournir des échantillons adaptés à la recherche. Il ne s’agit donc pas d’un métal extrait de minerais ni d’une matière disponible en usage courant.

À quoi sert le berkélium ?

Son intérêt est principalement scientifique. Le berkélium-249 peut servir de cible lors de réactions nucléaires qui visent à produire des éléments encore plus lourds. Le Département de l’Énergie des États-Unis le répertorie parmi les isotopes employés comme cibles pour la découverte d’éléments superlourds. Des expériences menées avec cette cible ont contribué à la synthèse du tennessine, l’élément 117, comme le rapporte également PubChem.

Une cible nucléaire n’est pas un matériau de construction ou une source d’énergie destinée à un usage ordinaire : elle permet d’étudier des réactions entre noyaux. Les expériences ne produisent que de très petites quantités des nouveaux éléments, souvent détectées par leurs désintégrations. Le berkélium est aussi utile aux recherches sur la chimie des actinides, qui examinent comment ces éléments se combinent et se comportent en solution ou dans des composés.

Que signifie sa masse atomique ?

La valeur indiquée pour le berkélium est 247,07031 u. Elle correspond à la masse de l’isotope le plus stable mentionné dans les données de référence, le berkélium-247, et non à une masse atomique standard calculée à partir d’un mélange naturel d’isotopes. Cette distinction est importante : comme aucun isotope du berkélium n’est présent naturellement en quantité mesurable et qu’ils sont tous radioactifs, la valeur ne représente pas la masse moyenne d’un élément trouvé dans la nature.

Le berkélium-249, de son côté, est particulièrement pertinent pour les expériences de synthèse d’éléments. Il ne faut donc pas confondre l’isotope choisi pour une expérience avec l’isotope associé à la valeur de masse de la fiche d’identité. Ces nombres décrivent des noyaux différents et des usages distincts.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du berkélium ?

Le berkélium n’a pas de masse atomique standard, faute d’isotope stable présent dans la nature. On retient la masse de son isotope le plus stable, 247,07031 u, soit environ 247,07031 g/mol.

Quel est le numéro atomique du berkélium ?

Le numéro atomique du berkélium est 97 : son noyau compte 97 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Bk.

Quelle est la configuration électronique du berkélium ?

La configuration électronique du berkélium est [Rn] 7s² 5f⁹, soit 2, 8, 18, 32, 27, 8, 2 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le berkélium appartient au bloc f du tableau périodique.

Le berkélium est-il dangereux ?

Tous les isotopes du berkélium sont radioactifs. Une exposition à une matière radioactive peut présenter un risque, mais l’évaluation dépend notamment de l’isotope, de la quantité et des conditions d’exposition. Les échantillons sont manipulés dans des installations spécialisées, avec des procédures de radioprotection ; le berkélium n’est pas un produit destiné au grand public.

Le berkélium a-t-il un rôle biologique connu ?

Aucun rôle biologique établi n’est attribué au berkélium. C’est un élément synthétique étudié en quantités extrêmement faibles, principalement en chimie et en physique nucléaires. Il ne fait pas partie des éléments nécessaires aux organismes et ne se rencontre pas dans l’environnement en quantité mesurable.

Pourquoi l’isotope 249 est-il utilisé plutôt que le 247 ?

Les expériences de synthèse d’éléments superlourds utilisent notamment le berkélium-249 comme cible, car cet isotope peut être produit et préparé pour ces travaux. Le berkélium-247 est celui auquel la fiche associe la masse atomique indiquée et il est le plus stable des isotopes connus selon les données citées, mais cela ne signifie pas qu’il soit le plus adapté à chaque expérience.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.