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ELM Élément n° 100 sur 118

Fermium (Fm)

Le fermium se distingue par sa place à la limite des éléments accessibles par irradiation neutronique en réacteur. Produit en quantités infimes et radioactif, il n’a pas d’usage courant : son intérêt est surtout scientifique.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du fermium

Numéro atomique (Z)
100
Symbole
Fm
Masse (isotope le plus stable)
257,09511 u
Masse molaire
257,09511 g/mol
Famille
Actinides
Période · groupe · bloc
7 · aucun (bloc f) · f
Configuration électronique
[Rn] 5f¹² 7s²
État à 20 °C
solide
Température de fusion
1 526,85 °C (1 800 K)
Température d’ébullition
non mesuré
Masse volumique
non mesuré
Électronégativité (Pauling)
1,3
Rayon atomique (van der Waals)
non mesuré
1re énergie d’ionisation
6,5 eV
Affinité électronique
non mesuré
États d’oxydation
+3
Découverte
1952, par Glenn Seaborg
Nom tiré de
Enrico Fermi
Numéro CAS
7440-72-4

Fermium n’a pas d’isotope stable présent dans la nature : la masse indiquée est celle de son isotope le plus stable.

Fermium : période 7, ligne des actinides, famille des actinides.
Fm
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 32 · 30 · 8 · 2

Le fermium n’est pas un métal que l’on peut extraire d’un minerai ou manipuler comme un échantillon ordinaire. Cet élément artificiel apparaît en quantités minuscules lors de réactions nucléaires, puis ses isotopes se désintègrent. Sa rareté et sa radioactivité expliquent pourquoi les chercheurs l’étudient à l’échelle de traces et pourquoi ses applications restent limitées à la recherche. Sa place parmi les actinides aide à situer sa chimie, mais les expériences disponibles ne permettent pas d’en dresser un portrait aussi complet que pour des éléments plus abondants.

Où trouve-t-on le fermium et comment le produit-on ?

Aucun isotope du fermium n’est présent naturellement en quantité mesurable. Il est synthétisé dans des installations nucléaires, notamment par irradiation de matériaux contenant des éléments lourds. Les noyaux capturent des neutrons et peuvent ensuite se transformer par désintégration radioactive, produisant notamment des éléments plus lourds. Le fermium doit être séparé des autres actinides et des produits de réaction avant de pouvoir être étudié.

La production demeure extrêmement faible : les échantillons disponibles ne forment pas des morceaux visibles de métal. L’Institut Laue-Langevin décrit par exemple une chaîne où l’irradiation en réacteur produit de l’einsteinium, utilisé ensuite comme matière de départ pour obtenir du fermium-255 et réaliser des mesures spectroscopiques. La famille des actinides rassemble plusieurs éléments lourds radioactifs, mais leurs méthodes de production et leurs propriétés ne sont pas identiques.

Que révèle sa place dans le tableau périodique ?

Le fermium porte le symbole Fm et le numéro atomique 100 : son noyau contient donc 100 protons. Il appartient au bloc f et à la série des actinides, une famille dont les électrons occupent progressivement les sous-couches 5f. Sa configuration électronique est [Rn] 5f¹² 7s². Comme pour les autres éléments, cette configuration décrit la répartition des électrons dans l’atome, et non une forme de fermium que l’on pourrait observer directement.

Les données disponibles indiquent principalement un état d’oxydation +3 en chimie. Toutefois, les propriétés chimiques du fermium ont été étudiées sur de très petites quantités, avec des méthodes radiochimiques spécifiques. Selon la fiche de PubChem consacrée au fermium, ces expériences nécessitent des techniques adaptées à des quantités traces. Il faut donc éviter de transposer sans nuance au fermium les comportements mieux établis pour des actinides plus abondants.

Pourquoi sa masse atomique est-elle indiquée comme 257,09511 u ?

Le fermium ne possède aucun isotope stable : tous ses noyaux connus sont radioactifs. La valeur de 257,09511 u affichée pour l’élément correspond à la masse de l’isotope fermium-257, le plus stable selon la fiche d’identité, et non à une masse atomique standard calculée à partir d’un mélange naturel d’isotopes. Cette distinction est importante : pour un élément sans présence naturelle mesurable ni isotope stable, il n’existe pas de composition isotopique terrestre usuelle permettant de définir une moyenne représentative.

La durée de vie limitée des isotopes contribue aussi à rendre les mesures difficiles. Même l’isotope le plus stable finit par se désintégrer ; l’échantillon doit donc être produit, séparé et analysé dans des conditions expérimentales contrôlées.

À quoi sert le fermium ?

Le fermium n’a pas d’application courante ni d’usage industriel établi. Les quantités produites et la courte durée de vie de ses isotopes ne permettent pas de l’utiliser comme matériau ou ingrédient dans un produit. Son intérêt se situe dans la recherche fondamentale : des expériences sur le fermium renseignent sur les noyaux lourds, la radioactivité et le comportement chimique des actinides. L’Élémentarium de la Société chimique de France le situe parmi les éléments découverts au XXe siècle, tandis que les travaux de spectroscopie décrits par l’Institut Laue-Langevin illustrent cet usage expérimental.

Découvert en 1952 dans les produits d’une explosion thermonucléaire, le fermium a été nommé en l’honneur du physicien Enrico Fermi. Sa découverte a élargi la série des éléments connus, mais son rôle reste celui d’un objet d’étude : chaque expérience doit composer avec sa production difficile et sa radioactivité.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du fermium ?

Le fermium n’a pas de masse atomique standard, faute d’isotope stable présent dans la nature. On retient la masse de son isotope le plus stable, 257,09511 u, soit environ 257,09511 g/mol.

Quel est le numéro atomique du fermium ?

Le numéro atomique du fermium est 100 : son noyau compte 100 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Fm.

Quelle est la configuration électronique du fermium ?

La configuration électronique du fermium est [Rn] 5f¹² 7s², soit 2, 8, 18, 32, 30, 8, 2 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le fermium appartient au bloc f du tableau périodique.

Le fermium existe-t-il dans la nature ?

Aucun isotope du fermium n’est présent naturellement en quantité mesurable. Les traces qui pourraient se former dans des processus nucléaires naturels ne constituent pas une source exploitable. Le fermium étudié en laboratoire est donc synthétisé dans des installations nucléaires, puis séparé des autres produits de réaction.

Le fermium est-il dangereux ?

Le fermium est radioactif, et ses isotopes se désintègrent. Le risque dépend notamment de l’isotope, de son activité et des conditions d’exposition ; ce n’est pas un élément que l’on rencontre dans les objets du quotidien. Les expériences qui le mettent en jeu sont menées dans des installations spécialisées, avec des procédures de radioprotection.

Existe-t-il des objets ou des produits contenant du fermium ?

Aucun usage courant ou produit commercial contenant du fermium n’est établi. Les quantités fabriquées sont infimes et ses isotopes ont une durée de vie limitée. Les échantillons servent à des expériences de recherche, par exemple pour étudier les propriétés nucléaires ou la chimie des éléments lourds.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.