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ELM Élément n° 96 sur 118

Curium (Cm)

Le curium est un élément artificiel dont les isotopes radioactifs n’existent pas en quantité mesurable dans la nature. Produit en très petites quantités, il sert surtout à la recherche et peut apparaître dans le combustible nucléaire irradié.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du curium

Numéro atomique (Z)
96
Symbole
Cm
Masse (isotope le plus stable)
247,07035 u
Masse molaire
247,07035 g/mol
Famille
Actinides
Période · groupe · bloc
7 · aucun (bloc f) · f
Configuration électronique
[Rn] 7s² 5f⁷ 6d¹
État à 20 °C
solide
Température de fusion
1 344,85 °C (1 618 K)
Température d’ébullition
3 126,85 °C (3 400 K)
Masse volumique
13,51 g/cm³
Électronégativité (Pauling)
1,3
Rayon atomique (van der Waals)
245 pm
1re énergie d’ionisation
6,02 eV
Affinité électronique
non mesuré
États d’oxydation
+3
Découverte
1944, par Glenn Seaborg
Numéro CAS
7440-51-9

Curium n’a pas d’isotope stable présent dans la nature : la masse indiquée est celle de son isotope le plus stable.

Curium : période 7, ligne des actinides, famille des actinides.
Cm
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 32 · 25 · 9 · 2

Le curium porte le symbole Cm et le numéro atomique 96 : ses atomes possèdent donc 96 protons. Il appartient aux actinides, une série d’éléments lourds du bloc f, et se présente comme un solide à température ambiante. La masse indiquée pour cet élément, 247,07035 u, correspond au nombre de masse de l’isotope le plus stable cité dans la fiche d’identité, et non à une masse atomique standard. Aucun isotope du curium n’est stable.

Où trouve-t-on le curium ?

Le curium ne se rencontre pas naturellement en quantité mesurable. Il peut toutefois se former en réacteur nucléaire lorsque des noyaux lourds capturent des neutrons et se transforment au fil de réactions nucléaires. La Société chimique de France indique que du curium se trouve dans le combustible nucléaire usé, produit notamment par des réactions impliquant le plutonium. Il s’agit alors de faibles quantités mêlées aux produits du combustible irradié, et non de gisements exploitables.

Pour en produire davantage, les chercheurs irradient des éléments lourds dans des installations nucléaires. La première synthèse annoncée remonte à 1944 : une équipe menée par Glenn T. Seaborg a bombardé du plutonium avec des particules alpha. L’histoire de sa production et de sa présence dans les combustibles est résumée par la Société chimique de France. Le curium fait partie des actinides, aux côtés notamment du thorium, de l’uranium, du plutonium et de l’américium.

Pourquoi sa place parmi les actinides compte-t-elle ?

La position du curium dans le bloc f reflète le remplissage progressif des orbitales 5f, même si sa configuration électronique comprend aussi des électrons 6d et 7s. Sa chimie est dominée par l’état d’oxydation +3 : cela signifie que ses atomes perdent ou partagent des électrons de façon à former principalement des ions Cm³⁺. Cette tendance aide à expliquer les ressemblances chimiques entre le curium et certains autres actinides.

Des composés comme le dioxyde de curium (CmO₂), le chlorure de curium (CmCl₃) et le fluorure de curium (CmF₄) ont été préparés pour des travaux de recherche. Leur existence ne signifie pas qu’ils soient des produits courants : les quantités disponibles restent minuscules et leurs usages sont essentiellement scientifiques.

À quoi sert-il aujourd’hui ?

Le curium sert surtout à la recherche fondamentale sur les éléments lourds et leurs noyaux. Les quantités produites sont trop faibles pour en faire une matière première d’usage commercial courant. Certains isotopes peuvent dégager de la chaleur en se désintégrant, ce qui suscite un intérêt pour des applications spécialisées, notamment les systèmes d’alimentation spatiaux. Cela ne fait pas du curium une source d’énergie largement employée : les possibilités envisagées doivent être distinguées des usages effectivement établis.

Pourquoi le curium demande-t-il des précautions ?

Tous les isotopes du curium sont radioactifs. La désintégration de plusieurs d’entre eux émet des particules alpha, qui présentent surtout un danger si une matière radioactive est inhalée ou ingérée. Des travaux publiés sur la radiotoxicité du curium décrivent des risques liés à l’exposition interne, notamment pour les os et les poumons. La manipulation relève donc d’installations spécialisées et de règles strictes de radioprotection, et non d’un usage domestique.

Le curium n’a pas de rôle biologique connu. Son intérêt tient à la physique nucléaire, à la chimie des actinides et à l’étude des matières nucléaires, plutôt qu’à une fonction dans les organismes vivants.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du curium ?

Le curium n’a pas de masse atomique standard, faute d’isotope stable présent dans la nature. On retient la masse de son isotope le plus stable, 247,07035 u, soit environ 247,07035 g/mol.

Quel est le numéro atomique du curium ?

Le numéro atomique du curium est 96 : son noyau compte 96 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Cm.

Quelle est la configuration électronique du curium ?

La configuration électronique du curium est [Rn] 7s² 5f⁷ 6d¹, soit 2, 8, 18, 32, 25, 9, 2 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le curium appartient au bloc f du tableau périodique.

Le curium existe-t-il dans la nature ?

Aucun isotope du curium n’est présent naturellement en quantité mesurable. Des traces peuvent se former dans certains contextes nucléaires, et l’élément est également produit dans des réacteurs ou des installations de recherche. On ne l’extrait donc pas de minerais comme un métal courant.

Le curium est-il utilisé dans les générateurs spatiaux ?

Le curium peut libérer de la chaleur lors de sa désintégration radioactive, propriété qui a suscité l’intérêt pour des sources d’énergie spatiales. Toutefois, son usage actuel est principalement la recherche, et il ne constitue pas un combustible commercial couramment employé dans les générateurs.

Le curium a-t-il une fonction dans le corps humain ?

Aucun rôle biologique du curium n’est établi. Au contraire, certains isotopes peuvent présenter un risque radiologique s’ils pénètrent dans l’organisme. La voie d’exposition et l’isotope comptent : les risques évoqués dans les études concernent notamment l’inhalation ou le dépôt interne de matières radioactives.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.