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ELM Élément n° 92 sur 118

Uranium (U)

Métal dense et naturellement radioactif, l’uranium se trouve dans des roches et dans l’eau de mer à l’état de traces. Ses isotopes n’ont pas tous le même rôle : l’un d’eux peut soutenir la fission qui produit de la chaleur dans un réacteur.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité de l’uranium

Numéro atomique (Z)
92
Symbole
U
Masse atomique
238,02891 u
Masse molaire
238,02891 g/mol
Famille
Actinides
Période · groupe · bloc
7 · aucun (bloc f) · f
Configuration électronique
[Rn] 7s² 5f³ 6d¹
État à 20 °C
solide
Température de fusion
1 134,85 °C (1 408 K)
Température d’ébullition
4 130,85 °C (4 404 K)
Masse volumique
18,95 g/cm³
Électronégativité (Pauling)
1,38
Rayon atomique (van der Waals)
240 pm
1re énergie d’ionisation
6,194 eV
Affinité électronique
non mesuré
États d’oxydation
+6, +5, +4, +3
Découverte
1789, par Eugène Péligot
Nom tiré de
Uranus
Abondance dans l’eau de mer
0,0032 mg/L
Numéro CAS
7440-61-1
Uranium : période 7, ligne des actinides, famille des actinides.
U
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 32 · 21 · 9 · 2

L’uranium est un élément métallique dont les atomes possèdent 92 protons. Il appartient aux actinides, une famille d’éléments placée dans le bloc f du tableau périodique. Sa masse atomique standard est de 238,02891 u. À température ambiante, c’est un solide très dense. Comme les isotopes naturels de l’uranium sont radioactifs, ses propriétés nucléaires et sa chimie doivent être distinguées : ses usages dépendent souvent de la composition isotopique ou de la forme chimique du matériau.

Où trouve-t-on l’uranium et comment l’obtient-on ?

L’uranium est présent dans la croûte terrestre, généralement en faible concentration dans des minerais. Il peut aussi se trouver dans l’eau de mer, à l’état de traces. Pour le récupérer à partir d’un minerai, celui-ci est broyé puis traité par des procédés chimiques qui font passer l’uranium en solution. Après séparation et purification, on obtient un concentré d’uranium, qui sera transformé pour les étapes suivantes du cycle du combustible. Les procédés précis varient selon la composition du minerai, comme le décrit l’Élémentarium de la Société chimique de France.

L’extraction du minerai ne produit donc pas directement des éléments combustibles prêts à l’emploi. L’uranium doit être converti en composés adaptés, puis, pour certains réacteurs, enrichi : cette opération augmente la proportion de l’isotope uranium 235 par rapport à l’uranium naturel. Le cycle peut aussi comporter des étapes de fabrication du combustible et de traitement après son utilisation.

Pourquoi l’uranium 235 est-il important ?

L’uranium naturel est constitué principalement d’uranium 238, avec une fraction beaucoup plus faible d’uranium 235 et des traces d’uranium 234. Ces isotopes ont le même nombre de protons, mais un nombre différent de neutrons. L’uranium 235 peut subir une fission après capture d’un neutron : son noyau se scinde en fragments et libère de l’énergie ainsi que d’autres neutrons. Dans certaines conditions, ceux-ci provoquent de nouvelles fissions en chaîne.

La chaleur dégagée par ces réactions sert à produire de la vapeur, qui peut entraîner une turbine et un générateur électrique. L’uranium 238, majoritaire dans l’uranium naturel, ne se comporte pas de la même façon avec les neutrons lents. Il peut toutefois en absorber un et se transformer, par désintégrations successives, en plutonium 239, un isotope fissile. Le CEA explique le rôle des isotopes dans le combustible nucléaire.

Quelles autres formes et quels usages connaît-on ?

Dans le combustible nucléaire, l’uranium est couramment utilisé sous forme de dioxyde d’uranium, UO₂, assemblé en pastilles. D’autres composés interviennent lors de sa conversion ou dans certains procédés industriels. La forme chimique compte aussi pour les usages non énergétiques : des composés d’uranium ont notamment servi à colorer des verres et des glaçures céramiques. Ces applications historiques ne signifient pas que des objets contenant de l’uranium soient anodins ; leur composition et leur état doivent être établis avant toute manipulation.

Les usages de l’uranium appauvri, dont la proportion d’uranium 235 a été réduite, exploitent surtout sa forte densité. Il a été employé dans certains contrepoids et matériaux de blindage. L’INRS rappelle que le risque dépend notamment de la forme du composé et de la voie d’exposition : l’inhalation de poussières et le contact avec certains composés solubles ne présentent pas les mêmes enjeux. L’uranium est radioactif, mais son évaluation requiert aussi de tenir compte de sa toxicité chimique.

Comment l’élément a-t-il été identifié ?

Le chimiste allemand Martin Heinrich Klaproth a identifié un nouvel élément dans un minerai en 1789 et l’a nommé d’après la planète Uranus, découverte quelques années auparavant. Eugène-Melchior Péligot a ensuite isolé l’uranium métallique en 1841 : il est donc important de distinguer l’identification de l’élément de l’obtention du métal. Comme les autres actinides, l’uranium présente plusieurs états d’oxydation, c’est-à-dire plusieurs façons de former des ions dans ses composés. Cette diversité contribue à la variété de ses réactions chimiques et de ses formes industrielles.

Isotopes naturels de l’uranium

IsotopeMasse (u)Abondance naturelleStabilité
²³⁴U234,0409523(19)0,0054 %radioactif
²³⁵U235,0439301(19)0,7204 %radioactif
²³⁸U238,0507884(20)99,2742 %radioactif

40 isotopes de l’uranium sont connus, dont aucun stable. Données : NIST et AMDC (AIEA), via PubChem.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire de l’uranium ?

La masse molaire de l’uranium est de 238,02891 g/mol, d’après la masse atomique standard de 238,02891 u retenue par l’IUPAC (CIAAW). Une mole d’atomes de uranium pèse donc environ 238,02891 grammes.

Quel est le numéro atomique de l’uranium ?

Le numéro atomique de l’uranium est 92 : son noyau compte 92 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est U.

Quelle est la configuration électronique de l’uranium ?

La configuration électronique de l’uranium est [Rn] 7s² 5f³ 6d¹, soit 2, 8, 18, 32, 21, 9, 2 électrons répartis de la première à la dernière couche. L’uranium appartient au bloc f du tableau périodique.

L’uranium est-il naturellement radioactif ?

Oui. Les isotopes présents naturellement, notamment l’uranium 238, l’uranium 235 et l’uranium 234, sont radioactifs et se désintègrent à des rythmes différents. La radioactivité ne suffit toutefois pas, à elle seule, à caractériser un risque : la quantité, la forme chimique et la voie d’exposition comptent aussi.

L’uranium est-il un élément présent dans le corps humain ?

De très faibles quantités peuvent entrer dans l’organisme par l’environnement, notamment par l’alimentation, l’eau ou l’air. L’absorption varie selon la voie d’exposition et la solubilité du composé. L’uranium n’est pas un élément nécessaire au fonctionnement du corps humain ; une exposition professionnelle ou accidentelle demande une évaluation adaptée.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.