Le nobélium, de symbole No, occupe la case 102 du tableau périodique. Sa masse indiquée, 259,101 u, correspond à celle de l’isotope le plus stable connu, et non à une masse atomique standard mesurée sur un mélange naturel. Aucun isotope du nobélium n’est stable, et il n’en existe pas en quantité mesurable dans la nature. Il appartient à la famille des éléments actinides, dont plusieurs sont eux aussi radioactifs et synthétiques.
Où trouve-t-on le nobélium et comment le produit-on ?
Vous ne trouverez pas de nobélium dans un minerai : il est fabriqué en laboratoire, par des réactions nucléaires impliquant des noyaux lourds. Les chercheurs en produisent des quantités infimes, parfois atome par atome, puis identifient l’élément à partir des transformations radioactives de ses noyaux. La fiche du Laboratoire national de Los Alamos décrit cet élément artificiel et ses propriétés.
Le nobélium se place parmi les actinides, dans le bloc f. Sa configuration électronique, [Rn]7s² 5f¹⁴, indique que sa sous-couche 5f est remplie. Les états d’oxydation répertoriés sont +2 et +3. Toutefois, comme les expériences portent sur de très petites quantités, les connaissances sur sa chimie restent limitées par rapport à celles d’éléments que l’on peut manipuler en échantillons ordinaires.
Pourquoi sa découverte a-t-elle été controversée ?
Une équipe de l’Institut Nobel de physique, à Stockholm, a annoncé la découverte de l’élément 102 en 1957 et proposé le nom de nobélium, en hommage à Alfred Nobel. D’autres équipes ont contesté ces résultats. Selon l’Institut UTINAM du CNRS, les preuves jugées incontestables de sa synthèse ont été présentées en 1966 par une équipe de Doubna. Le nom est resté, même si l’histoire de la découverte est plus complexe que ne le suggère la date souvent associée à l’élément.
À quoi sert le nobélium ?
Le nobélium n’a pas d’usage courant connu : les minuscules quantités produites ne permettent pas d’en faire un matériau ou un produit commercial. Il sert à la recherche fondamentale, notamment à l’étude des noyaux lourds et de la chimie des actinides. La Royal Society of Chemistry indique également qu’il n’a pas d’application en dehors de la recherche. Sa radioactivité rend nécessaire un encadrement spécialisé en laboratoire ; il ne joue aucun rôle biologique établi.