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ELM Élément n° 24 sur 118

Chrome (Cr)

D’un acier qui résiste à la corrosion aux couleurs du rubis, le chrome doit ses usages à la diversité de ses composés. Mais le métal et ses différentes formes chimiques n’ont pas les mêmes propriétés ni les mêmes risques.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du chrome

Numéro atomique (Z)
24
Symbole
Cr
Masse atomique
51,9961 u
Masse molaire
51,9961 g/mol
Famille
Métaux de transition
Période · groupe · bloc
4 · 6 · d
Configuration électronique
[Ar] 3d⁵ 4s¹
État à 20 °C
solide
Température de fusion
1 906,85 °C (2 180 K)
Température d’ébullition
2 670,85 °C (2 944 K)
Masse volumique
7,15 g/cm³
Électronégativité (Pauling)
1,66
Rayon atomique (van der Waals)
189 pm
1re énergie d’ionisation
6,767 eV
Affinité électronique
0,666 eV
États d’oxydation
+6, +3, +2
Découverte
1797, par Nicolas-Louis Vauquelin
Nom tiré de
champ chromatique
Abondance dans la croûte terrestre
102 mg/kg
Abondance dans l’eau de mer
3 × 10⁻⁴ mg/L
Numéro CAS
7440-47-3
Chrome : période 4, groupe 6, famille des métaux de transition.
Cr
Électrons par couche : 2 · 8 · 13 · 1

Dans un objet chromé ou un ustensile en acier inoxydable, le chrome est rarement utilisé seul. Cet élément métallique entre plutôt dans la composition d’alliages, de revêtements ou de pigments. Pour comprendre son rôle, il faut distinguer le métal des composés qu’il forme et tenir compte de son état d’oxydation, c’est-à-dire de la charge formelle associée à ses atomes dans une espèce chimique.

Où trouve-t-on le chrome et comment l’obtient-on ?

Le chrome existe dans la croûte terrestre, le plus souvent combiné à d’autres éléments dans des minéraux. Son principal minerai est la chromite, un oxyde contenant du fer et du chrome. Le minerai est extrait puis traité pour produire du chrome ou des composés utilisés par l’industrie. La chromite sert aussi à fabriquer des matériaux réfractaires, capables de supporter de fortes températures ; le laboratoire Los Alamos National Laboratory souligne notamment son emploi dans des formes et briques réfractaires.

Le chrome est un métal de transition du bloc d, dans le groupe 6 et la période 4. Il appartient à la famille des métaux de transition. Cette position aide à situer l’élément dans le tableau, mais ne suffit pas à prédire seul le comportement de tous ses composés : leur réactivité dépend aussi des autres atomes présents et de leur structure.

Pourquoi l’ajoute-t-on à l’acier ?

Le chrome métallique est dur et résiste à la corrosion. Dans un alliage, il contribue à améliorer les propriétés de l’acier ; l’acier inoxydable contient du chrome et résiste mieux à la rouille que l’acier ordinaire. La proportion exacte et les autres éléments d’alliage varient selon le type d’acier et son usage. Des alliages au chrome servent aussi à fabriquer des pièces nécessitant dureté et résistance à l’usure.

Le chromage consiste à déposer une couche de chrome sur la surface d’un autre matériau. Le revêtement peut lui donner un aspect brillant et limiter la corrosion ou l’usure. Le mot « chromé » décrit donc souvent une surface recouverte, pas un objet fabriqué entièrement en chrome.

D’où viennent les couleurs associées au chrome ?

Le nom du chrome évoque la couleur : le chimiste français Nicolas-Louis Vauquelin l’a découvert en 1797 en étudiant des minéraux colorés. Des composés du chrome sont employés comme pigments. L’oxyde de chrome(III), Cr₂O₃, donne un pigment vert, tandis que certains chromates ont été utilisés pour produire des jaunes. La présence de chrome dans certains minéraux contribue aussi à la couleur du rubis et de l’émeraude.

Ces usages reposent sur des composés précis, et non sur une propriété unique de l’élément pur. Les sels de chrome ont également servi dans le travail du cuir ou comme mordants, des substances qui aident à fixer des colorants sur les fibres. Certains usages historiques, notamment ceux de pigments au chromate de plomb, posent des enjeux de toxicité liés aux substances concernées.

Pourquoi faut-il distinguer chrome(III) et chrome(VI) ?

Les formes chimiques du chrome ne présentent pas toutes les mêmes dangers. Le chrome(III) et le chrome(VI) désignent deux états d’oxydation ; le second se trouve notamment dans les chromates et les dichromates. L’INRS indique que la toxicité du chrome est surtout associée aux dérivés hexavalents, dont certains sont cancérogènes et peuvent pénétrer dans l’organisme par différentes voies, y compris la peau. Ces risques concernent des composés et des situations d’exposition déterminés, et ne permettent pas d’assimiler tout matériau contenant du chrome à du chrome(VI).

En pratique, la présence du mot « chrome » sur un objet ne renseigne pas à elle seule sur la forme chimique ni sur le risque. Pour évaluer une exposition, il faut connaître le composé, sa solubilité et les conditions de manipulation. L’INRS distingue les effets des composés trivalents et hexavalents et précise que les dérivés hexavalents solubles sont particulièrement préoccupants en milieu professionnel.

Isotopes naturels du chrome

IsotopeMasse (u)Abondance naturelleStabilité
⁵⁰Cr49,94604183(94)4,345 %radioactif
⁵²Cr51,94050623(63)83,789 %stable
⁵³Cr52,94064815(62)9,501 %stable
⁵⁴Cr53,93887916(61)2,365 %stable

32 isotopes du chrome sont connus, dont 3 stables. Données : NIST et AMDC (AIEA), via PubChem.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du chrome ?

La masse molaire du chrome est de 51,9961 g/mol, d’après la masse atomique standard de 51,9961 u retenue par l’IUPAC (CIAAW). Une mole d’atomes de chrome pèse donc environ 51,9961 grammes.

Quel est le numéro atomique du chrome ?

Le numéro atomique du chrome est 24 : son noyau compte 24 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Cr.

Quelle est la configuration électronique du chrome ?

La configuration électronique du chrome est [Ar] 3d⁵ 4s¹, soit 2, 8, 13, 1 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le chrome appartient au bloc d du tableau périodique.

Le chrome pur est-il le même matériau que l’acier chromé ?

Non. Le chrome pur est un métal, tandis qu’un acier chromé peut désigner un acier recouvert d’un dépôt de chrome. L’acier inoxydable, lui, est un alliage qui contient du chrome dans sa masse. L’apparence d’un objet ne suffit donc pas à déterminer comment le chrome y est présent.

Tout objet contenant du chrome présente-t-il un risque lié au chrome VI ?

Non. Le risque dépend de la forme chimique du chrome et des conditions d’exposition. Le chrome métallique, le chrome(III) et les composés du chrome(VI) ne sont pas interchangeables. Certains composés hexavalents présentent des dangers importants, mais leur présence ne peut pas être déduite du seul fait qu’un objet contient du chrome.

Pourquoi le chrome donne-t-il des couleurs différentes ?

La couleur dépend du composé de chrome, de son environnement chimique et de la manière dont il absorbe et réfléchit la lumière. Ainsi, des composés différents peuvent être verts, jaunes ou contribuer à la couleur de minéraux comme le rubis et l’émeraude. Le métal lui-même n’a pas ces couleurs pigmentaires.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.