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ELM Élément n° 79 sur 118

Or (Au)

L’or est assez tendre pour être martelé en feuilles extrêmement fines, mais il résiste remarquablement à l’altération par l’air. Cette combinaison explique une partie de ses usages, de la dorure aux contacts électroniques.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité de l’or

Numéro atomique (Z)
79
Symbole
Au
Masse atomique
196,96657 u
Masse molaire
196,96657 g/mol
Famille
Métaux de transition
Période · groupe · bloc
6 · 11 · d
Configuration électronique
[Xe] 6s¹ 4f¹⁴ 5d¹⁰
État à 20 °C
solide
Température de fusion
1 064,18 °C (1 337,33 K)
Température d’ébullition
2 855,85 °C (3 129 K)
Masse volumique
19,28 g/cm³
Électronégativité (Pauling)
2,54
Rayon atomique (van der Waals)
166 pm
1re énergie d’ionisation
9,226 eV
Affinité électronique
2,309 eV
États d’oxydation
+3, +1
Découverte
Antiquité
Abondance dans la croûte terrestre
0,004 mg/kg
Abondance dans l’eau de mer
4 × 10⁻⁶ mg/L
Numéro CAS
7440-57-5
Or : période 6, groupe 11, famille des métaux de transition.
Au
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 32 · 18 · 1

L’or est un métal de transition naturellement présent dans la croûte terrestre, le plus souvent en faibles concentrations. On le rencontre sous forme native, c’est-à-dire métallique, mais aussi dans certains minerais où il est associé à d’autres éléments. Son symbole, Au, vient du latin aurum. Les propriétés qui le rendent reconnaissable ne suffisent pas à expliquer son emploi : sa malléabilité, sa stabilité chimique et sa bonne conductivité sont aussi déterminantes.

Où trouve-t-on l’or et comment l’extrait-on ?

L’or peut se trouver dans des filons rocheux ou être libéré par l’érosion, puis concentré dans des sédiments et des dépôts alluviaux. Sa très faible abondance moyenne dans la croûte terrestre, indiquée dans la fiche d’identité, ne signifie pas qu’il est uniformément réparti : les gisements exploitables sont des concentrations locales. L’Élémentarium de la Société chimique de France décrit notamment des minerais où l’or est libre ou finement dispersé dans des minéraux sulfurés.

Après l’extraction et le broyage du minerai, l’or doit être séparé des autres matières. Selon la nature du minerai, des procédés différents sont employés. La cyanuration, par exemple, dissout l’or dans une solution contenant des ions cyanure afin de le récupérer ensuite. Ce procédé exige des mesures de maîtrise des risques, car les produits cyanurés sont dangereux et leur usage peut entraîner des risques pour l’environnement. Le traitement est suivi d’étapes de récupération et d’affinage qui augmentent la pureté du métal.

Pourquoi l’or se prête-t-il à la dorure et aux alliages ?

L’or pur est très malléable et ductile : il peut être aplati en feuilles ou étiré en fils sans se rompre facilement. Ces propriétés permettent d’en déposer une quantité infime sur un objet pour le dorer. Toutefois, le métal pur est relativement tendre et peut se déformer ou s’user. Pour fabriquer des bijoux et des pièces résistantes, on le mélange donc à d’autres métaux, comme le cuivre ou l’argent.

Le carat exprime la proportion d’or dans un alliage sur une base de 24 parts. Ainsi, un alliage de 18 carats comprend 18 parts d’or et 6 parts d’autres métaux. La composition influe sur la dureté et la couleur du matériau. L’Institut UTINAM, rattaché au CNRS, souligne que l’or se trouve aussi à l’état natif et qu’il peut former des alliages avec d’autres métaux.

Quels usages l’or a-t-il en dehors des bijoux ?

L’or conduit la chaleur et l’électricité et s’altère peu au contact de l’air. Il est donc utilisé dans certains connecteurs et composants électroniques, où la fiabilité des contacts compte. Sa capacité à réfléchir une partie du rayonnement infrarouge est également mise à profit dans des applications optiques et dans certains revêtements destinés à limiter l’échauffement. Le Jefferson Lab répertorie notamment l’emploi de feuilles d’or pour la dorure et de revêtements dans des applications technologiques.

La chimie de l’or ne se limite pas au métal. Il forme notamment des composés où son état d’oxydation est +1 ou +3, deux formes qui influencent la structure et la réactivité des substances obtenues. À très petite échelle, les nanoparticules d’or peuvent aussi présenter des propriétés différentes de celles du métal massif. L’or peut ainsi avoir des usages spécialisés en recherche et en catalyse, mais ceux-ci dépendent de sa forme chimique et de la manière dont il est préparé.

Dans le tableau périodique, l’or appartient au groupe 11 et à la période 6. Sa place le rattache à la famille des métaux de transition, qui comprend notamment le cuivre et l’argent. Cette famille présente des éléments aux usages variés ; pour l’or, sa stabilité à l’air et sa facilité de mise en forme expliquent pourquoi un même élément peut servir à la fois d’ornement et de matériau technique.

Isotopes naturels de l’or

IsotopeMasse (u)Abondance naturelleStabilité
¹⁹⁷Au196,96656879(71)100 %stable

94 isotopes de l’or sont connus, dont 1 stable. Données : NIST et AMDC (AIEA), via PubChem.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire de l’or ?

La masse molaire de l’or est de 196,96657 g/mol, d’après la masse atomique standard de 196,96657 u retenue par l’IUPAC (CIAAW). Une mole d’atomes de or pèse donc environ 196,96657 grammes.

Quel est le numéro atomique de l’or ?

Le numéro atomique de l’or est 79 : son noyau compte 79 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Au.

Quelle est la configuration électronique de l’or ?

La configuration électronique de l’or est [Xe] 6s¹ 4f¹⁴ 5d¹⁰, soit 2, 8, 18, 32, 18, 1 électrons répartis de la première à la dernière couche. L’or appartient au bloc d du tableau périodique.

L’or pur rouille-t-il ?

Non : la rouille désigne l’altération du fer. L’or métallique résiste à l’oxydation par l’air dans les conditions courantes, ce qui contribue à son emploi dans les objets décoratifs et certains contacts électroniques. Cela ne signifie pas que toutes les formes de l’or sont chimiquement inertes : il existe des composés d’or et des conditions chimiques capables de réagir avec le métal.

Pourquoi l’or est-il jaune ?

La couleur de l’or massif vient de la manière dont ses électrons interagissent avec la lumière visible : le métal absorbe davantage certaines longueurs d’onde que d’autres et renvoie une lumière perçue comme jaune. Les alliages peuvent avoir d’autres teintes, car les métaux ajoutés modifient leurs propriétés optiques.

L’or est-il présent dans l’eau de mer ?

De très faibles traces d’or peuvent être présentes dans l’eau de mer, mais leur concentration est extrêmement basse. La valeur d’abondance de la fiche d’identité est arrondie à 0 mg/L ; elle ne permet donc pas de conclure à une absence absolue. Cette présence infime ne constitue pas une source pratique d’extraction.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.