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ELM Élément n° 42 sur 118

Molybdène (Mo)

Rarement utilisé seul, le molybdène doit surtout son importance à sa capacité à renforcer les aciers et à améliorer leur tenue à la chaleur et à la corrosion. On le rencontre aussi dans des lubrifiants et des catalyseurs.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du molybdène

Numéro atomique (Z)
42
Symbole
Mo
Masse atomique
95,95 u
Masse molaire
95,95 g/mol
Famille
Métaux de transition
Période · groupe · bloc
5 · 6 · d
Configuration électronique
[Kr] 5s¹ 4d⁵
État à 20 °C
solide
Température de fusion
2 622,85 °C (2 896 K)
Température d’ébullition
4 638,85 °C (4 912 K)
Masse volumique
10,2 g/cm³
Électronégativité (Pauling)
2,16
Rayon atomique (van der Waals)
209 pm
1re énergie d’ionisation
7,092 eV
Affinité électronique
0,746 eV
États d’oxydation
+6
Découverte
1778, par Carl Wilhelm Scheele
Nom tiré de
plomb
Abondance dans l’eau de mer
0,01 mg/L
Numéro CAS
7439-98-7
Molybdène : période 5, groupe 6, famille des métaux de transition.
Mo
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 13 · 1

Le molybdène est un métal de transition de numéro atomique 42. Sa masse atomique est de 95,95 u et, à température ambiante, il se présente sous forme solide. Il fond à 2 622,8 °C, une caractéristique qui contribue à ses applications dans les matériaux et équipements soumis à de fortes températures. Sa place parmi les métaux de transition situe l’élément dans une famille aux propriétés métalliques variées, mais ses usages reposent surtout sur ses alliages et ses composés.

Où trouve-t-on le molybdène ?

Le molybdène est rarement présent à l’état métallique dans la nature. Il se trouve principalement dans des minéraux, notamment la molybdénite, un sulfure de formule MoS₂. Il peut aussi être associé à des minerais de cuivre et récupéré comme coproduit de leur exploitation. L’USGS indique que les minerais contiennent généralement le molybdène sous forme de sulfures ou d’oxydes, dont la powellite (CaMoO₄), plutôt que dans les minéraux silicatés (données géologiques de l’USGS).

Après séparation et traitement du minerai, le molybdène peut être transformé en oxyde ou en ferromolybdène, un alliage de fer et de molybdène employé en métallurgie. Ces produits servent à incorporer l’élément aux matériaux. Les étapes précises varient selon le minerai et le produit recherché.

Pourquoi l’ajouter à l’acier ?

L’usage industriel le plus important du molybdène est comme élément d’alliage. En petite proportion, il contribue à améliorer la résistance mécanique, la dureté et la tenue de l’acier à chaud. Dans les aciers inoxydables, il renforce également la résistance à la corrosion, un atout pour des pièces exposées à des milieux agressifs. La fiche de L’Élémentarium décrit son emploi dans les aciers de construction, les aciers inoxydables et certains alliages de nickel.

Ces propriétés expliquent sa présence dans des composants mécaniques, des outils et des équipements industriels. Le molybdène métallique résiste aux températures élevées, mais il s’oxyde lorsqu’il est chauffé à l’air. Son emploi à chaud dépend donc de l’environnement : il peut servir, par exemple, d’électrode dans certains fours à verre, où les conditions de fonctionnement sont adaptées.

Quels composés du molybdène sont utilisés ?

Les propriétés du molybdène dépendent de la forme chimique considérée. Le disulfure de molybdène (MoS₂) est un solide lubrifiant : sa structure en feuillets facilite le glissement des couches, ce qui le rend utile dans des applications où les huiles supportent mal la chaleur. Le trioxyde de molybdène (MoO₃) et d’autres composés interviennent notamment dans des procédés chimiques et dans la fabrication de matériaux.

Certains composés servent aussi de catalyseurs, c’est-à-dire qu’ils facilitent des réactions sans être consommés de la même manière que les réactifs. L’USGS cite leur emploi dans le raffinage du pétrole, tandis que L’Élémentarium décrit des usages dans des réactions industrielles d’oxydation. Il faut donc distinguer le métal, ses alliages et ses composés : leurs applications ne sont pas interchangeables.

D’où vient son nom ?

Le nom du molybdène est lié au mot grec molybdos, qui signifie « plomb ». Avant que l’élément soit identifié, des minerais comme la molybdénite ont été confondus avec des minerais de plomb, notamment en raison de leur apparence. En 1778, le chimiste Carl Wilhelm Scheele reconnut que la molybdénite contenait un élément distinct. Le métal pur fut isolé quelques années plus tard par Peter Jacob Hjelm, selon la notice historique de L’Élémentarium.

Isotopes naturels du molybdène

IsotopeMasse (u)Abondance naturelleStabilité
⁹²Mo91,90680796(84)14,53 %radioactif
⁹⁴Mo93,90508490(48)9,15 %stable
⁹⁵Mo94,90583877(47)15,84 %stable
⁹⁶Mo95,90467612(47)16,67 %stable
⁹⁷Mo96,90601812(49)9,6 %stable
⁹⁸Mo97,90540482(49)24,39 %radioactif
¹⁰⁰Mo99,9074718(11)9,82 %radioactif

52 isotopes du molybdène sont connus, dont 4 stables. Données : NIST et AMDC (AIEA), via PubChem.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du molybdène ?

La masse molaire du molybdène est de 95,95 g/mol, d’après la masse atomique standard de 95,95 u retenue par l’IUPAC (CIAAW). Une mole d’atomes de molybdène pèse donc environ 95,95 grammes.

Quel est le numéro atomique du molybdène ?

Le numéro atomique du molybdène est 42 : son noyau compte 42 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Mo.

Quelle est la configuration électronique du molybdène ?

La configuration électronique du molybdène est [Kr] 5s¹ 4d⁵, soit 2, 8, 18, 13, 1 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le molybdène appartient au bloc d du tableau périodique.

Le molybdène est-il naturellement présent dans les aliments ?

Oui. Le molybdène est un oligoélément, c’est-à-dire un élément présent en très petites quantités, que l’on trouve dans l’environnement et dans les aliments. Le rôle biologique dépend de sa forme et de la quantité ingérée. Cette présence à l’état de trace ne signifie pas que le métal ou ses composés industriels peuvent être consommés sans précaution.

Le molybdène est-il dangereux ?

Le risque dépend de la forme chimique, de la quantité et de la voie d’exposition. Il ne faut pas confondre le molybdène incorporé dans un acier avec une poudre ou un composé soluble manipulé en laboratoire ou en industrie. Pour une substance précise, consultez sa fiche de données de sécurité et les consignes de l’organisme compétent.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.