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ELM Élément n° 44 sur 118

Ruthénium (Ru)

Rare dans la croûte terrestre, le ruthénium est surtout récupéré lors du traitement de minerais de platine ou de nickel. Sa résistance à la corrosion et sa capacité à renforcer d’autres métaux expliquent plusieurs de ses applications.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du ruthénium

Numéro atomique (Z)
44
Symbole
Ru
Masse atomique
101,07 u
Masse molaire
101,07 g/mol
Famille
Métaux de transition
Période · groupe · bloc
5 · 8 · d
Configuration électronique
[Kr] 5s¹ 4d⁷
État à 20 °C
solide
Température de fusion
2 333,85 °C (2 607 K)
Température d’ébullition
4 149,85 °C (4 423 K)
Masse volumique
12,1 g/cm³
Électronégativité (Pauling)
2,2
Rayon atomique (van der Waals)
207 pm
1re énergie d’ionisation
7,361 eV
Affinité électronique
1,05 eV
États d’oxydation
+3
Découverte
1827, par Karl Klaus
Nom tiré de
Ruthénie
Abondance dans la croûte terrestre
0,001 mg/kg
Abondance dans l’eau de mer
7 × 10⁻⁷ mg/L
Numéro CAS
7440-18-8
Ruthénium : période 5, groupe 8, famille des métaux de transition.
Ru
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 15 · 1

Vous rencontrez rarement le ruthénium sous forme de métal pur dans les objets courants. Cet élément de symbole Ru se trouve surtout en association avec d’autres métaux du groupe du platine. Sa valeur pratique tient notamment à ses propriétés d’alliage et à son rôle de catalyseur, c’est-à-dire sa capacité à accélérer certaines réactions chimiques sans être consommé dans leur bilan global.

Où trouve-t-on le ruthénium ?

Le ruthénium est un métal de transition du groupe 8, dans la période 5 du tableau périodique. Il appartient aussi au groupe des platinoïdes, des métaux souvent présents ensemble dans les minerais. Sa concentration dans la croûte terrestre est très faible : la fiche d’identité indique 0,001 mg/kg. Il n’est donc généralement pas extrait seul comme minerai principal.

On le récupère principalement comme sous-produit du traitement de minerais de platine et de nickel. Le dossier de la Société Chimique de France décrit son association aux autres platinoïdes et son obtention à partir de résidus de traitement du platine. Le résumé de PubChem indique également qu’il est récupéré lors du raffinage du platine et comme sous-produit de certaines exploitations de nickel. Son isolement demande plusieurs étapes chimiques avant d’obtenir le métal.

Sa rareté et sa présence dans des minerais complexes expliquent pourquoi ses usages reposent souvent sur de petites quantités ajoutées à d’autres matériaux. Pour situer cet élément parmi ses voisins, vous pouvez aussi consulter la famille des métaux de transition.

Pourquoi l’ajoute-t-on à des alliages ?

À température ambiante, le ruthénium est un solide métallique dur. Mélangé au platine ou au palladium, il contribue à renforcer ces métaux. Selon le Jefferson Lab, de petites proportions de ruthénium servent à produire des alliages employés notamment en bijouterie et dans des contacts électriques soumis à l’usure. Ces contacts doivent conserver leur fonction malgré les frottements répétés.

L’association avec le titane répond à un autre besoin : la résistance à la corrosion. Le Jefferson Lab rapporte que l’ajout de 0,1 % de ruthénium peut rendre le titane cent fois plus résistant à la corrosion. Cette valeur décrit le cas précis rapporté par la source, et non une propriété générale de tout alliage contenant du ruthénium.

Le métal a par ailleurs un point de fusion élevé, indiqué à 2 333,8 °C dans la fiche d’identité. Cette caractéristique s’inscrit parmi les propriétés physiques qui le distinguent, mais les applications réelles dépendent de la composition et de la forme du matériau, pas d’une seule valeur isolée.

Quel rôle joue-t-il en chimie ?

Le ruthénium et certains de ses composés sont utilisés comme catalyseurs dans des procédés industriels. La fiche de l’Élémentarium consacrée aux platinoïdes mentionne son emploi pour catalyser la production d’ammoniac à partir de gaz naturel. Elle signale aussi son utilisation, avec l’iridium, comme revêtement d’électrodes dans l’électrolyse de saumures, un procédé qui sert notamment à fabriquer du dichlore et de l’hydroxyde de sodium.

Le comportement chimique du ruthénium dépend de la forme considérée. L’élément métallique et ses composés ne sont pas interchangeables : les propriétés et les risques peuvent varier selon la composition. Le Laboratoire national de Los Alamos signale notamment que le tétroxyde de ruthénium est très toxique et susceptible d’exploser. Cela concerne ce composé particulier, et ne permet pas d’attribuer les mêmes dangers à tous les matériaux contenant du ruthénium.

D’où vient son nom ?

Le nom ruthénium dérive de Ruthenia, une ancienne désignation latine associée à la Russie. Le chimiste Karl Klaus est reconnu pour avoir isolé le métal et établi qu’il s’agissait d’un nouvel élément en étudiant des résidus provenant du platine brut. Les récits historiques distinguent cette identification de premières observations antérieures qui n’avaient pas permis d’obtenir un échantillon suffisamment pur.

Le ruthénium est ainsi un élément discret dans les objets du quotidien, mais utile lorsque des matériaux doivent résister à l’usure ou à la corrosion, ou lorsqu’un procédé chimique nécessite un catalyseur. Sa présence comme sous-produit du raffinage lie directement son approvisionnement à l’exploitation d’autres métaux.

Isotopes naturels du ruthénium

IsotopeMasse (u)Abondance naturelleStabilité
⁹⁶Ru95,90759025(49)5,54 %radioactif
⁹⁸Ru97,9052868(69)1,87 %stable
⁹⁹Ru98,9059341(11)12,76 %stable
¹⁰⁰Ru99,9042143(11)12,6 %stable
¹⁰¹Ru100,9055769(12)17,06 %stable
¹⁰²Ru101,9043441(12)31,55 %stable
¹⁰⁴Ru103,9054275(28)18,62 %stable

54 isotopes du ruthénium sont connus, dont 6 stables. Données : NIST et AMDC (AIEA), via PubChem.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du ruthénium ?

La masse molaire du ruthénium est de 101,07 g/mol, d’après la masse atomique standard de 101,07 u retenue par l’IUPAC (CIAAW). Une mole d’atomes de ruthénium pèse donc environ 101,07 grammes.

Quel est le numéro atomique du ruthénium ?

Le numéro atomique du ruthénium est 44 : son noyau compte 44 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Ru.

Quelle est la configuration électronique du ruthénium ?

La configuration électronique du ruthénium est [Kr] 5s¹ 4d⁷, soit 2, 8, 18, 15, 1 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le ruthénium appartient au bloc d du tableau périodique.

Le ruthénium est-il un métal précieux ?

Le ruthénium appartient au groupe des platinoïdes, qui comprend plusieurs métaux rares associés au platine. Il est toutefois souvent récupéré comme sous-produit plutôt qu’extrait seul. Sa rareté géologique ne suffit pas à déterminer sa valeur : celle-ci dépend aussi de la production, de la demande et des conditions du marché.

Le ruthénium est-il présent dans l’eau de mer ?

La fiche d’identité fournie indique une abondance de 0 mg/L dans l’eau de mer. Cette valeur signifie qu’aucune concentration mesurable n’est reportée dans cette fiche ; elle ne permet pas à elle seule de conclure à une absence absolue de toute trace.

Tous les composés du ruthénium sont-ils toxiques ?

Non. Les risques dépendent de la forme chimique et des conditions d’exposition. Le tétroxyde de ruthénium, par exemple, est décrit comme très toxique et potentiellement explosif par le Laboratoire national de Los Alamos. Cette précaution spécifique ne doit pas être généralisée à tous les composés ni au métal massif.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.