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ELM Élément n° 43 sur 118

Technétium (Tc)

Le technétium se distingue par l’absence d’isotope stable : sur Terre, il n’existe qu’en quantités infimes ou sous forme produite artificiellement. Pourtant, l’un de ses isotopes est devenu un outil majeur de l’imagerie médicale.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du technétium

Numéro atomique (Z)
43
Symbole
Tc
Masse (isotope le plus stable)
96,90636 u
Masse molaire
96,90636 g/mol
Famille
Métaux de transition
Période · groupe · bloc
5 · 7 · d
Configuration électronique
[Kr] 5s² 4d⁵
État à 20 °C
solide
Température de fusion
2 156,85 °C (2 430 K)
Température d’ébullition
4 264,85 °C (4 538 K)
Masse volumique
11 g/cm³
Électronégativité (Pauling)
1,9
Rayon atomique (van der Waals)
209 pm
1re énergie d’ionisation
7,28 eV
Affinité électronique
0,55 eV
États d’oxydation
+7, +6, +4
Découverte
1937, par Emilio Segrè, Carlo Perrier
Nom tiré de
technique
Numéro CAS
7440-26-8

Technétium n’a pas d’isotope stable présent dans la nature : la masse indiquée est celle de son isotope le plus stable.

Technétium : période 5, groupe 7, famille des métaux de transition.
Tc
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 13 · 2

Si vous cherchez du technétium dans un minerai courant, vous en trouverez très peu : aucun de ses isotopes n’est stable, et les rares traces terrestres disparaissent au fil des désintégrations radioactives. Son intérêt vient plutôt de sa production contrôlée, notamment pour obtenir le technétium-99m utilisé en médecine. Sa place parmi les métaux de transition aide aussi à situer sa chimie, mais ce sont surtout ses isotopes qui expliquent son importance pratique.

Pourquoi le technétium est-il si rare sur Terre ?

Le technétium, de symbole Tc et de numéro atomique 43, est un métal de transition du groupe 7 et de la période 5. Il se trouve dans la même famille que le manganèse et le rhénium ; sa place dans la série des métaux de transition indique certaines proximités chimiques, sans que cela suffise à prédire tous ses comportements.

Tous ses isotopes sont radioactifs : aucun n’est stable. La valeur de 96,90636 u associée à sa masse dans la fiche d’identité correspond à la masse de l’isotope le plus stable, et non à une masse atomique standard, car le technétium n’a pas de composition isotopique naturelle stable. L’élément est solide à température ambiante. Il peut se présenter sous différents états d’oxydation, notamment +7, +6 et +4, qui désignent les charges formelles attribuées à l’atome dans ses composés.

On peut néanmoins trouver des traces naturelles. La Société Chimique de France rapporte l’identification de technétium-99 en quantité infime dans de la pechblende, un minerai riche en uranium, où il est produit lors de la désintégration de l’uranium-238. Ces traces ne font pas du technétium un élément que l’on extrait habituellement de minerais : les usages reposent sur une production artificielle. Le même élément a aussi été détecté dans le spectre de certaines étoiles, selon la fiche de la Société Chimique de France.

Comment le technétium est-il produit ?

Carlo Perrier et Emilio Segrè ont identifié l’élément en 1937 dans des matériaux de molybdène rendus radioactifs par un cyclotron. Son nom vient du grec technêtos, « artificiel » : lors de sa découverte, il était le premier élément obtenu artificiellement, d’après la fiche pédagogique de Jefferson Lab.

Pour produire le technétium-99m employé en médecine, on utilise couramment un générateur contenant du molybdène-99. Celui-ci se désintègre et forme du technétium-99m, que l’on peut séparer au moment de l’utilisation. La Société Chimique de France décrit ce procédé comme une production à la demande : le technétium médical n’est donc pas simplement prélevé dans la nature.

À quoi sert le technétium-99m ?

Le technétium-99m est un isotope radioactif utilisé comme traceur en imagerie diagnostique. Un traceur est une substance que l’on peut suivre dans l’organisme grâce au rayonnement qu’elle émet. Associé à différentes molécules, il permet d’observer la répartition ou le fonctionnement de tissus et d’organes lors d’examens de médecine nucléaire. L’isotope métastable, signalé par la lettre « m », est un état excité du noyau qui se transforme en technétium-99 en émettant un rayonnement détectable.

Il faut distinguer cet usage médical des propriétés du métal lui-même. Le Jefferson Lab mentionne également des usages spécialisés : de petites quantités de technétium peuvent ralentir la corrosion de l’acier, mais la radioactivité limite cette application aux systèmes fermés. La source cite aussi l’étalonnage de détecteurs de particules. Ces applications ne signifient pas que le technétium soit un additif courant dans les objets en acier.

Que faut-il retenir de ses risques ?

Le risque dépend de l’isotope, de la quantité, de la forme chimique et des conditions d’exposition. Le technétium-99m est utilisé dans un cadre médical contrôlé, tandis que le technétium-99 est notamment associé aux déchets nucléaires. L’Agence américaine de protection de l’environnement indique que l’exposition humaine provient surtout de l’usage intentionnel du Tc-99m en médecine nucléaire et rappelle que l’exposition à une matière radioactive peut entraîner des effets nocifs. La radioactivité est donc à la fois la propriété qui rend certains isotopes utiles comme traceurs et la raison pour laquelle leur production, leur emploi et leur gestion doivent être encadrés.

Le technétium illustre ainsi un cas singulier du tableau périodique : un métal rare dans l’environnement terrestre, sans isotope stable, dont l’intérêt concret dépend de la fabrication et de la maîtrise de formes radioactives particulières.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du technétium ?

Le technétium n’a pas de masse atomique standard, faute d’isotope stable présent dans la nature. On retient la masse de son isotope le plus stable, 96,90636 u, soit environ 96,90636 g/mol.

Quel est le numéro atomique du technétium ?

Le numéro atomique du technétium est 43 : son noyau compte 43 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Tc.

Quelle est la configuration électronique du technétium ?

La configuration électronique du technétium est [Kr] 5s² 4d⁵, soit 2, 8, 18, 13, 2 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le technétium appartient au bloc d du tableau périodique.

Le technétium existe-t-il naturellement ?

Oui, mais seulement à l’état de traces. Du technétium-99 a été identifié dans de la pechblende, où il provient de processus radioactifs liés à l’uranium. Comme aucun isotope du technétium n’est stable, ces traces ne s’accumulent pas durablement et ne constituent pas une source minière courante.

Le technétium-99m est-il la même chose que le technétium-99 ?

Ce sont deux formes du même isotope, le technétium-99, mais le « m » indique un état nucléaire métastable, c’est-à-dire excité. Le technétium-99m se transforme en technétium-99 en émettant un rayonnement exploité pour produire des images médicales. Ils ont donc le même numéro atomique et le même nombre de masse, mais pas le même état énergétique.

Le technétium est-il présent dans les objets du quotidien ?

Ce n’est pas un constituant courant des objets usuels. Sa radioactivité limite les applications du métal, même si de petites quantités peuvent inhiber la corrosion de l’acier dans des systèmes fermés. Son emploi le plus connu concerne certains examens de médecine nucléaire, où des isotopes sont préparés et utilisés dans un cadre contrôlé.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.