L’iridium est un élément chimique métallique de symbole Ir et de numéro atomique 77. Solide à température ambiante, il appartient au groupe 9 et au bloc d, dans la sixième période : il fait donc partie des métaux de transition. Sa masse atomique est de 192,217 u, et sa masse volumique atteint 22,42 g/cm³. Ce métal argenté est particulièrement dense et résiste remarquablement à la corrosion, mais sa dureté et sa fragilité rendent son usinage difficile.
Où trouve-t-on l’iridium et comment le récupère-t-on ?
L’iridium est l’un des éléments les plus rares de la croûte terrestre. Il se rencontre notamment avec d’autres métaux du groupe du platine dans des minerais, ainsi que dans certains sédiments. L’extraction commerciale se fait généralement comme sous-produit du raffinage du nickel, plutôt qu’à partir de mines consacrées à l’iridium, indique la Royal Society of Chemistry. Cette dépendance à d’autres métaux explique en partie pourquoi l’approvisionnement en iridium est limité.
Une couche sédimentaire enrichie en iridium, repérée à l’échelle mondiale, a aussi retenu l’attention des géologues. Les météorites et les astéroïdes en contiennent davantage que la croûte terrestre : cet enrichissement est considéré comme un indice d’un impact important à la fin du Crétacé. La poussière issue de l’impact aurait dispersé l’iridium dans l’environnement. Cette observation contribue à étayer le lien entre cet événement et une extinction massive, sans signifier que l’iridium lui-même a provoqué l’extinction.
Pourquoi l’utiliser dans des alliages et des équipements spécialisés ?
L’iridium pur est difficile à travailler. On l’ajoute donc notamment au platine pour obtenir un alliage plus dur et résistant, utilisé dans des équipements qui doivent supporter de fortes températures ou des environnements corrosifs. Selon L’Élémentarium de la Société chimique de France, il sert, entre autres, à fabriquer des creusets destinés à la production de monocristaux de saphir et à certains revêtements d’électrodes pour l’électrolyse.
Sa résistance à la corrosion et son point de fusion élevé sont aussi utiles pour des contacts électriques et des bougies d’allumage. Des alliages d’iridium et d’osmium ont été employés pour des pointes de stylo et des pivots de boussole. Ces usages tirent parti de la robustesse du matériau, mais restent spécialisés : la rareté et les difficultés de mise en forme ne se prêtent pas aux objets fabriqués en grande quantité.
L’iridium a également une place dans l’histoire de la métrologie. Un alliage composé de 90 % de platine et de 10 % d’iridium a servi à fabriquer l’ancien prototype international du mètre. Il a ensuite cessé de définir l’unité lorsque celle-ci a été redéfinie à partir d’une longueur d’onde lumineuse.
D’où vient son nom et que sait-on de ses isotopes ?
Le chimiste anglais Smithson Tennant a découvert l’iridium en 1803. Il l’a nommé d’après Iris, déesse grecque de l’arc-en-ciel, en référence aux couleurs de certains de ses composés. Dans la nature, l’iridium se présente sous deux isotopes stables : l’iridium 191 et l’iridium 193. Un isotope est une forme d’un même élément dont le noyau contient un nombre différent de neutrons. L’iridium n’a pas de rôle biologique connu, selon la Royal Society of Chemistry.