Le hassium ne se trouve pas dans un minerai que l’on pourrait extraire : aucun de ses isotopes n’est présent naturellement en quantité mesurable. Les quelques atomes produits artificiellement se désintègrent rapidement, ce qui explique à la fois sa rareté et l’absence d’applications matérielles. Son numéro atomique, 108, signifie que chaque noyau de hassium contient 108 protons.
Comment produit-on le hassium ?
Les premières synthèses reconnues ont eu lieu en 1984 au Centre de recherche sur les ions lourds (GSI), à Darmstadt, en Allemagne. L’équipe a fait entrer en collision des noyaux de fer avec une cible de plomb : une réaction nucléaire très peu fréquente a alors formé des noyaux de hassium. Le GSI situe cette synthèse au 14 mars 1984. Les atomes obtenus sont si peu nombreux et éphémères qu’ils ne peuvent être recueillis pour former un échantillon visible.
Le nom vient de Hassia, forme latine de la Hesse, le Land allemand où se trouve Darmstadt. Le Laboratoire national de Los Alamos rapporte la découverte en 1984 et relie le nom à cette région.
À quoi sert-il, et que nous apprend sa place ?
À ce jour, le hassium n’a pas d’utilisation en dehors de la recherche scientifique fondamentale : les quantités produites sont trop faibles pour un emploi industriel ou commercial, comme le précise Jefferson Lab. Les expériences cherchent notamment à caractériser ses propriétés nucléaires et chimiques à partir de quelques atomes.
Dans la classification, le hassium appartient au groupe 8 des métaux de transition, avec le fer, le ruthénium et l’osmium. Sa position donne des indications sur les propriétés chimiques à tester, mais ne remplace pas les mesures : l’étude directe est limitée par la brièveté de vie des atomes. Vous pouvez situer cet élément parmi les métaux de transition et leurs voisins dans le tableau périodique.
La valeur associée à sa masse, 269,1336 u, correspond au nombre de masse de l’isotope le plus stable indiqué dans la fiche d’identité, et non à une masse atomique standard mesurée sur un échantillon naturel. En l’absence d’isotope stable et de présence naturelle mesurable, le hassium n’a pas de rôle biologique établi ni d’exposition ordinaire connue. Les propriétés attribuées à ses isotopes et à ses composés reposent donc sur des expériences très limitées, parfois sur des prédictions.