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ELM Élément n° 80 sur 118

Mercure (Hg)

Liquide à température ambiante et particulièrement dense, le mercure se distingue parmi les métaux. Son comportement a longtemps été utile aux instruments de mesure, mais ses vapeurs et plusieurs de ses composés présentent des risques importants.

Par Claire Delmas · Mis à jour le

Fiche d’identité du mercure

Numéro atomique (Z)
80
Symbole
Hg
Masse atomique
200,592 u
Masse molaire
200,592 g/mol
Famille
Métaux de transition
Période · groupe · bloc
6 · 12 · d
Configuration électronique
[Xe] 6s² 4f¹⁴ 5d¹⁰
État à 20 °C
liquide
Température de fusion
-38,83 °C (234,32 K)
Température d’ébullition
356,73 °C (629,88 K)
Masse volumique
13,53 g/cm³
Électronégativité (Pauling)
2
Rayon atomique (van der Waals)
209 pm
1re énergie d’ionisation
10,44 eV
Affinité électronique
non mesuré
États d’oxydation
+2, +1
Découverte
Antiquité
Nom tiré de
Mercure
Abondance dans la croûte terrestre
0,085 mg/kg
Abondance dans l’eau de mer
3 × 10⁻⁵ mg/L
Numéro CAS
7439-97-6
Mercure : période 6, groupe 12, famille des métaux de transition.
Hg
Électrons par couche : 2 · 8 · 18 · 32 · 18 · 2

Vous connaissez peut-être le mercure sous la forme de petites gouttes argentées ou dans d’anciens thermomètres. Cet élément ne se résume pourtant pas à son état liquide : sa place dans le tableau périodique, ses alliages et ses composés expliquent ses usages variés comme les précautions qu’il exige. Voici où le trouver, à quoi il a servi et pourquoi son emploi est aujourd’hui encadré.

Qu’est-ce qui rend le mercure singulier ?

Le mercure, de symbole Hg, porte le numéro atomique 80 : chaque atome possède donc 80 protons. Sa masse atomique indiquée est de 200,592 u. Il appartient au groupe 12, à la période 6 et au bloc d. La fiche le classe parmi les métaux de transition.

Sa particularité la plus visible est son état liquide à température ambiante. Il ne se solidifie qu’à −38,83 °C et bout à 356,73 °C. Sa masse volumique, 13,5336 g/cm³, est élevée : un petit volume de mercure est lourd par rapport à un volume comparable d’eau. L’INRS décrit aussi son importante dilatation thermique, propriété qui a favorisé son emploi historique dans les thermomètres.

Où trouve-t-on le mercure dans la nature ?

Le mercure est présent en faible quantité dans la croûte terrestre. On le rencontre notamment sous forme de cinabre, un minéral rouge composé de sulfure de mercure (HgS). Le sulfure existe aussi sous une forme noire, appelée métacinabre, et est pratiquement insoluble dans l’eau, selon la fiche toxicologique de l’INRS sur les propriétés des composés minéraux.

Le mercure élémentaire et ses composés ne sont pas interchangeables : les propriétés et les dangers varient selon la forme chimique. C’est pourquoi la présence de l’élément dans un minerai ne signifie pas qu’il s’y trouve sous forme de métal liquide. La fiche de l’Laboratoire national de Los Alamos recense les utilisations du métal et de ses composés, dont les lampes à vapeur de mercure, les interrupteurs et certains procédés industriels.

Pourquoi l’utilisait-on dans les instruments et les lampes ?

Le mercure conduisant l’électricité et restant liquide sur une plage de températures étendue, il a été utilisé dans des thermomètres, des baromètres et des interrupteurs électriques. Sous forme de vapeur, il a aussi servi dans des lampes, notamment certaines lampes fluorescentes. Ces usages historiques ne signifient pas que le mercure soit un choix sans risque : les objets anciens peuvent nécessiter une gestion adaptée s’ils sont cassés.

Le mercure s’allie facilement à plusieurs métaux pour former des amalgames. Selon la source pédagogique du Jefferson Lab, ces alliages ont notamment été utilisés pour extraire l’or de minerais et dans certains matériaux dentaires. Des composés mercuriels ont également eu des applications comme pigments ou dans des piles. Les emplois et les restrictions diffèrent selon le composé et le secteur ; ces exemples décrivent des usages documentés, pas des recommandations actuelles.

Quels risques faut-il connaître ?

Le mercure métallique peut émettre des vapeurs dès la température ambiante. L’inhalation de ces vapeurs est une voie d’exposition particulièrement importante : l’INRS indique qu’elle peut provoquer des atteintes respiratoires et neurologiques, et qu’une exposition répétée peut aussi affecter les reins. Certains composés solubles présentent, eux, des risques par ingestion ou contact. Les effets dépendent donc de la forme du mercure, de la voie d’exposition et de la durée.

Un thermomètre ancien brisé ne doit pas être manipulé comme un simple déchet : évitez de disperser les gouttelettes ou de les aspirer avec un aspirateur ordinaire, et suivez les consignes locales de gestion des déchets dangereux. En cas d’exposition possible, demandez conseil à un centre antipoison ou à un professionnel de santé plutôt que de tenter de nettoyer sans précautions.

Isotopes naturels du mercure

IsotopeMasse (u)Abondance naturelleStabilité
¹⁹⁶Hg195,9658326(32)0,15 %radioactif
¹⁹⁸Hg197,96676860(52)9,97 %stable
¹⁹⁹Hg198,96828064(46)16,87 %stable
²⁰⁰Hg199,96832659(47)23,1 %stable
²⁰¹Hg200,97030284(69)13,18 %stable
²⁰²Hg201,97064340(69)29,86 %stable
²⁰⁴Hg203,97349398(53)6,87 %stable

73 isotopes du mercure sont connus, dont 6 stables. Données : NIST et AMDC (AIEA), via PubChem.

Questions fréquentes

Quelle est la masse molaire du mercure ?

La masse molaire du mercure est de 200,592 g/mol, d’après la masse atomique standard de 200,592 u retenue par l’IUPAC (CIAAW). Une mole d’atomes de mercure pèse donc environ 200,592 grammes.

Quel est le numéro atomique du mercure ?

Le numéro atomique du mercure est 80 : son noyau compte 80 protons, et l’atome neutre autant d’électrons. Son symbole chimique est Hg.

Quelle est la configuration électronique du mercure ?

La configuration électronique du mercure est [Xe] 6s² 4f¹⁴ 5d¹⁰, soit 2, 8, 18, 32, 18, 2 électrons répartis de la première à la dernière couche. Le mercure appartient au bloc d du tableau périodique.

Le mercure est-il le seul métal liquide à température ambiante ?

Dans les conditions ambiantes ordinaires, le mercure est le seul métal liquide parmi les éléments couramment considérés à cette température. D’autres éléments, comme le gallium ou le césium, fondent près de la température ambiante, mais restent généralement solides dans une pièce fraîche. L’état dépend donc précisément de la température.

Le mercure liquide est-il dangereux au simple toucher ?

Le risque dépend de la forme et des conditions d’exposition. Pour le mercure métallique, l’inhalation des vapeurs est une préoccupation majeure, car il en émet à température ambiante. Certains composés mercuriels peuvent aussi être dangereux par ingestion ou contact. Évitez toute manipulation d’un déversement et consultez les consignes officielles ou un centre antipoison en cas d’exposition possible.

Sources des données

Valeurs relevées le 3 octobre 2026. Températures et masses volumiques à pression atmosphérique ; une valeur « non mesuré » n’est pas connue expérimentalement.